Début de carrière et enfance

Bruce Cockburn passe son enfance en deux endroits : sur une ferme près de Pembroke, à l’ouest d’Ottawa, et dans la ville d’Ottawa elle-même. Adolescent, il commence la clarinette et la trompette, mais jette rapidement son dévolu sur une vieille guitare qu’il trouve dans le grenier de sa grand-mère. Tout au long du secondaire, il prend des leçons de musique auprès de Hank Simms, propriétaire d’un magasin de musique à Ottawa, en plus d’étudier le solfège et la composition de façon indépendante. Plus tard, il devient musicien ambulant dans les rues de Paris, en France, pour finalement, de 1964 à 1966, aller étudier le solfège et la composition au Berklee College of Music à Boston, Massachusetts. Il abandonne toutefois le programme après un an et demi.

C’est à Boston qu’il découvre la musique folk urbaine et le jazz, deux styles qui influenceront sa musique tout au long des années 1970. Malgré ce nouvel amour, c’est au sein de groupes rock qu’il joue à son retour à Ottawa, notamment The Esquires, The Children et, de façon plus importante, The Flying Circus, qui, après avoir changé de nom pour Olivus, remporte un certain succès en faisant la première partie des concerts de Wilson Pickett, Cream, The Loving Spoonful et Jimi Hendrix.

Malgré le fait que Bruce Cockburn soit plutôt actif sur les scènes des coffeehouses, ce sont les bons mots de son ami Murray McLauchlan qui lui permettent de faire sa première apparition au Festival du folklore Mariposa en 1967, où il revient en 1969. Grâce à ce tremplin, Bruce Cockburn poursuit sa carrière solo, même s’il est alors aussi membre du groupe folk rock 3’s a Crowd, ressuscité à l’occasion d’une série télévisée produite par la CBC en 1968.

Les années 1970 : le début du succès

En 1970, il s’associe à Bernie Finkelstein, au sein de la maison d’édition musicale Golden Mountain Music, et lance un premier album éponyme réalisé par Eugene Martynec (du groupe Kensington Market) et produit par le label de Bernie Finkelstein, True North Records. Première production du label, l’album contient deux chansons, « Going to the Country » et « Musical Friends », qui se hissent dans les 40 premières places de la charte adulte contemporaine de RPM. Bernie Finkelstein agit depuis à titre de gérant pour Bruce Cockburn.

Grâce au succès critique et populaire de sa trame sonore pour le long-métrage Goin’ Down the Road (1970) et de ses albums longue durée Bruce Cockburn (1970), High Winds, White Sky (1971) et Sunwheel Dance (1972), Bruce Cockburn s’établit comme un incontournable de la musique canadienne. Il remporte d’ailleurs le Juno du chanteur folk de l’année trois fois consécutives, de 1971 à 1973. En 1972, il entreprend sa première tournée au pays et se produit dans des salles importantes comme le Massey Hall et l’Ontario Place Forum de Toronto, le Centre national des arts d’Ottawa, l’Orpheum et le Queen Elizabeth Theatre de Vancouver et le Théâtre Saint-Denis de Montréal, en plus d’occuper la scène de nombreux festivals folk canadiens. Il fait ses premiers pas aux États-Unis au Festival folk de Philadelphie en 1974 et se produit pour la première fois au Japon et en Europe en 1977.

Dès 1973, année de la parution de Night Vision, Bruce Cockburn commence à inclure la guitare électrique dans ses performances. L’album lui vaut son premier trophée de ventes : une certification or au Canada en 1979.

Parmi les premiers auteurs-compositeurs-interprètes anglophones à obtenir du succès au Québec, Bruce Cockburn chante plusieurs de ses chansons en français et, à partir de l’album Sunwheel Dance, fait traduire toutes les paroles de ses chansons pour les albums distribués au Québec. La chanson bilingue « Prenons la mer » devient en 1978 un indéniable succès auprès des Québécois.

Vers la moitié des années 1970, Bruce Cockburn se convertit au christianisme après s’être essayé au bouddhisme et à la magie noire. Le magazine Rolling Stones en note d’ailleurs les retombées dans sa musique, qui « devient moins folk et a une imagerie plus ouvertement religieuse, ce qui lui vaut le titre de “mystique chrétien”. »

Bruce Cockburn continue à produire des albums de façon régulière, dont Salt, Sun and Time (1974), Joy Will Find a Way (1975), In The Falling Dark (1976) et Further Adventures Of (1978), qui lui valent chacun une nomination pour le prix du chanteur folk de l’année aux Junos de 1975, 1978 et 1979. En 1977, il lance Circles in the Stream, un album live de 17 chansons enregistré au Massey Hall.

Vers le succès grand public

La musique de Bruce Cockburn atteint un plus vaste auditoire en 1979 avec la parution de l’album longue durée de huit chansons Dancing in the Dragon’s Jaws, qui complète une trilogie d’albums folk/jazz dont la pochette met en vedette une peinture de l’artiste ojibwéNorval Morrisseau. Le simple aux sonorités reggae « Wondering Where the Lions Are » se rend dans le top 40 canadien, en plus de se hisser en 21e place du palmarès Billboard Hot 100, ce qui en fait le plus grand succès états-unien de Bruce Cockburn et qui lui vaut une invitation à l’émission Saturday Night Live, produite par la NBC.

Bruce Cockburn profite de cette percée et lance Humans (1980), qui introduit deux nouveaux musiciens, le violoniste Hugh Marsh et le claviériste Jon Goldsmith. Considéré par plus d’un comme son meilleur album, Humans contient certaines des pièces les plus intemporelles et populaires du répertoire de Bruce Cockburn, dont « Tokyo », « Fascist Architecture (I’m Okay) » et la très reggae « Rumours of Glory ». L’album-compilation Mummy Dust (1981) engendre un autre succès canadien, « Coldest Night of the Year ».

Les années 1980 : réflexion politique accrue

L’année 1981 est marquée par la sortie d’Inner City Front, premier album réalisé entièrement par Bruce Cockburn, en dépit du fait qu’Eugene Martynec, qui a réalisé tous les autres, soit lauréat du Juno du producteur de l’année pour son travail sur « Tokyo » et la chanson « High School Confidential » du groupe Rough Trade. Les mois menant à la sortie d’Inner City Front sont témoins de l’éclatement du mariage décennal du chanteur et de son passage à une vie plus urbaine. Il déménage en effet dans un appartement au centre-ville de Toronto et adopte, par conséquent, un son plus robuste et urbain. Le doux folk de la fin des années 1960 et le mysticisme chrétien des années 1970 disparaissent pratiquement de ses chansons, remplacés par un discours plus politisé appuyé par une guitare électrique omniprésente.

En 1981 et en 1982, Bruce Cockburn remporte les prix Juno du chanteur et de l’artiste folk de l’année, les derniers qu’il gagnera jusqu’à l’an 2000. Son concert au Music Hall de Toronto en 1981 fait néanmoins l’objet d’un documentaire par Martin Lavut, Rumours of Glory (1983). L’activisme politique de Bruce Cockburn et sa colère au vu de l’état du monde prennent plus d’ampleur dans The Trouble With Normal (1983), en particulier sur la piste titre, sur « Civilization and its Discontents » et sur « Planet of the Clowns ».

La musique et les mots de l’artiste revêtent un caractère d’urgence sans précédent sur l’album Stealing Fire (1984), paru à la suite d’un voyage humanitaire en Amérique centrale pour le compte d’OXFAM. Sa visite dans le sud du Mexique d’un camp de réfugiés guatémaltèque régulièrement attaqué par les hélicoptères de l’armée guatémaltèque soutenue par les É.-U. le pousse à écrire la vitriolique « If I Had a Rocket Launcher », une chanson-protestation qui remporte un certain succès au Canada et aux É.-U., en plus d’être largement diffusée sur les ondes de MTV et de MuchMusic. (Le même voyage attise aussi son intérêt pour les « armes récréatives » et le tir de compétition jusqu’à la moitié des années 1990. Durant ces années, il transporte sur lui une bible ornée d’une couverture en camouflage.) Un autre simple tiré de Stealing Fire, « Lovers in a Dangerous Time », se hisse dans le top 40 des simples canadiens grâce à son mélange de politique et de romantisme évocateur.

En 1984, Bruce Cockburn et son partenaire musical Hugh Marsh signent la musique de Waterwalker, documentaire spirituel sur la vie sauvage de Bill Mason produit par l’Office national du film. L’album suivant, World of Wonders (1986), est aussi empreint d’un discours politique chargé, avec des chansons populaires comme « Call It Democracy », « People See Through You », « Santiago Dawn » et « Peggy’s Kitchen Wall ».

En 1987, l’artiste lance un double album compilation, Waiting for a Miracle: Singles 1970-87, qui réunit ses pièces préférées et est certifié platine au Canada. Il est suivi en 1988 d’un album studio, Big Circumstance, résultat de trois années de voyages et de réflexions sur la guerre, la répression et la dégradation de l’environnement. La piste « If A Tree Falls », qui traite de la déforestation, devient le plus grand succès de l’album, atteignant le Top 10 des chartes canadiennes et jouant de façon régulière à MuchMusic. Les chansons « Where The Death Squad Lives » et « Radium Rain », notamment, abordent aussi des thèmes très politiques.

Durant les années 1980, Bruce Cockburn se produit partout sur la planète, dont en Amérique centrale, en Australie et au Japon en 1983, et de part et d’autre de l’Europe en 1986 et 1987. Une tournée en 1989 prévoit plus de 90 concerts au Canada, aux É.-U., en Angleterre, en Hollande, en Belgique, en Allemagne, en Norvège, en Suède, au Danemark, en Australie et en Nouvelle-Zélande et donne jour à Bruce Cockburn Live (1990), enregistré en août 1989 au Ontario Place Forum.

Les années 1990

En 1991, après 19 albums sous l’étiquette True North, Bruce Cockburn signe un contrat international avec le label new-yorkais Columbia Records. La même année, il lance Nothing But a Burning Light, réalisé en collaboration avec T-Bone Burnett, auteur-compositeur-interprète, musicien et producteur récompensé d’un Grammy et d’un Oscar ayant auparavant travaillé avec Elvis Costello et Los Lobos. L’album mélange des chansons personnelles et politiques et accueille des artistes invités comme Booker T. Jones, Jackson Browne et Sam Phillips. Les chansons « A Dream Like Mine » et « Great Big Love » remportent un certain succès, comme en témoigne leur place au Top 40. En 1993, Bruce Cockburn donne une prestation au bal inaugural du Président Bill Clinton et lance Christmas, un album de Noël qu’il produit lui-même. L’album Dart to the Heart, produit par T-Bone Burnett, suit en 1994 et contient le succès « Listen for the Laugh » qui figure au Top 40.

Le 23e album du chanteur, The Charity of Night (1996), est le premier album distribué par Rykodisc. Il est coproduit par Bruce Cockburn et Colin Linden et met en vedette les artistes invités Bonnie Raitt, Ani DiFranco, Maria Muldaur et le vibraphoniste jazz Gary Burton. Il comprend les succès du Top 40 « Night Train » et « The Mines of Mozambique », qui parle des effets meurtriers des mines antipersonnel.

Tout au long des années 1990, Bruce Cockburn se produit à l’international. Son troisième album live, You Pay Your Money and You Take Your Chance (1997), est enregistré au Barrymore Theatre de Madison, au Wisconsin, le 3 mai 1997. L’artiste signe pendant ces années la chanson-thème de l’émission pour enfants Franklin (1997-2004), qui lui vaut un prix de la SOCAN. Il termine enfin la décennie 1990 avec son 20e album studio, Breakfast in New Orleans, Dinner in Timbuktu (1999), qui remporte en 2000 le Juno de l’album roots et traditionnel de l’année : solo et contient la très aimée « Last Night of the World ».

Les années 2000

L’anthologie Anything Anytime Anywhere: Singles 1979-2002 et la réédition du répertoire musical de Bruce Cockburn inaugure la signature en 2002 d’un contrat avec la prestigieuse étiquette américaine de musique roots Rounder Records. L’album You’ve Never Seen Everything (2003), indéniablement jazz, entre autres, grâce à la présence du pianiste canadien basé à New York Andy Milne, continue d’aborder les thèmes fétiches de Bruce Cockburn, en plus de mettre en vedette certains amis issus de la musique roots, comme Sarah Harmer et Emmylou Harris.

Le grand talent de guitariste de Bruce Cockburn est mis à l’avant-scène dans Speechless (2005), album instrumental constitué de pièces datant du début des années 1970 et contenant trois nouvelles pièces coproduites avec Colin Linden. Au début de 2006, Bruce Cockburn renoue avec Jon Goldsmith, producteur du très lucratif Stealing Fire dans les années 1980. L’album qui résulte de cette collaboration, Life Short Call Now (2006), comprend les prestations d’invités comme Ani DiFranco, Ron Sexsmith, Hawksley Workman et Damhnait Doyle. Slice O’ Life – Solo Live est lancé en 2009, suivi, en mai de la même année, d’un concert pour le 90e anniversaire de Pete Seeger au Madison Square Garden auquel Bruce Cockburn performe en compagnie de Ani DiFranco, Kate and Anna McGarrigle et Rufus et Martha Wainwright.

En 2010, il est forcé d’annuler sa tournée canadienne de 12 concerts en raison de l’affaissement partiel d’un poumon résultant d’une pneumonie (dont il guérit complètement par la suite). En novembre 2011, à 66 ans, il devient père d’un deuxième enfant, une petite fille, qu’il a avec sa petite amie de San Francisco.

L’album Small Source of Comfort (2011) remporte deux Prix de musique folk canadienne et est nommé Album traditionnel et roots de l’année : solo aux Prix Juno de 2012. La même année, VisionTV diffuse un documentaire sur sa vie, sa musique et sa spiritualité, intitulé Bruce Cockburn, Pacing the Cage. En novembre 2014, HarperCollins Canada publie ses mémoires, Rumours of Glory, qui est vendu dans un coffret du même nom comprenant le DVD d’un concert de 1988 et quelque 117 chansons, dont 16 inédites, sur neuf disques.

Importance et caractéristique musicales

Des mots de Ian Pearson en 1981 : « Pour la génération de Canadiens qui sont devenus adultes vers la fin des années 1960, [Bruce Cockburn] offrait un contrepoids sauvage et nouveau à la musique populaire : un mystique barbu concevait de fragiles mélodies sur sa guitare acoustique et chantait, d’une voix aussi évanescente que la brume, la spiritualité et les merveilles de la campagne. » Notant que le chanteur n’a jamais gravité dans les mêmes sphères de la célébrité que ses compatriotes Joni Mitchell, Neil Young et Leonard Cohen, le journaliste pour AllMusic Roch Parisien a décrit Bruce Cockburn comme « peut-être l’un des auteurs-compositeurs-interprètes les plus sous-estimés du paysage musical canadien. »

La musique de Bruce Cockburn se distingue par deux qualités principales : ses paroles poétiques et humanistes, qui font référence au Christianisme et qui sont très chargées sur le plan politique et son style singulier à la guitare, qui fusionne le blues du Mississippi, les harmonies modales du jazz, un lyrisme mélodique et des rythmes cycliques. Bruce Cockburn décrit d’ailleurs son style à la guitare de cette façon : « ma main droite joue du folk et celle de gauche fait du jazz mal appris. C’est sans doute la façon la plus simple de l’expliquer. » Il blague d’ailleurs souvent qu’il n’est « pas trop mauvais guitariste, pour un parolier. »

Bruce Cockburn décrit aussi son œuvre comme étant de la musique qui « demande quelque chose » de son auditoire, qui « l’invite à réfléchir un peu ». Dévoué et infatigable, Bruce Cockburn est parfois appelé, tant par ses admirateurs que par ses détracteurs, la « conscience culturelle du Canada » et même « Saint Bruce ». Le Vancouver Sun notait en 1995 que l’artiste n’est « considéré comme politiquement correct dans aucun camp… Beaucoup de chrétiens détestent ses positions politiques, alors que de nombreux radicaux politiques ne supportent pas sa chrétienté… Sa doctrine est difficile à cerner de façon claire, ce qui est caractéristique d’un mystique. »

Stephen Bede Scharper, du Toronto Star, argue que « Cockburn a fait de la foi chrétienne, de l’activisme politique et d’un vibrant jeu à la guitare un dynamique tourbillon musical », et que sa théologie personnelle ressemble à celle du théologien péruvien Gustavo Gutierrez, qui « proclamait que “connaître Dieu signifiait faire justice”. » Bruce Cockburn dit lui-même : « Je crois que c’est mal d’ignorer ce qui se passe autour de soi. Nous prétendons croire au concept d’aimer son prochain, ce qui dans la Bible signifie tout le monde. Je ne vois pas comment on peut s’asseoir et penser aimer son prochain lorsque son prochain est en train de mourir de faim ou de tuer ses prochains… Pour une raison qui m’échappe, le non-respect de la dignité humaine m’atteint particulièrement. Je l’exècre. »

Reprises musicales et hommages

Les chansons de celui qu’on appelle parfois le « parolier des paroliers » ont été enregistrées par plus de 20 artistes différents, dont Judy Collins, k.d. lang, Jimmy Buffett, Chet Atkins, The Barra McNeils, John Allan Cameron, Mary Coughlan, Dan Fogelberg, Jerry Garcia, George Hamilton IV, Ron Kavan, Anne Murray, The Rankins, Tom Rush, Leo Sayer, Valdy et David Wiffen.

Quelque treize artistes, dont The Barenaked Ladies, Rebecca Jenkins, Jane Siberry, the Skydiggers et Bob Wiseman, ont enregistré des chansons de Bruce Cockburn pour l’album hommage Kick at the Darkness (1991). C’est la revisite de « Lovers in a Dangerous Time » qui a sorti The Barenaked Ladies de l’ombre en atteignant la 16e place du palmarès des simples canadiens en 1991. Deux vers de cette chanson (« Nothing worth having comes without some kind of fight / Gotta kick at the darkness till it bleeds daylight ») sont d’ailleurs paraphrasés en 1988 dans la chanson « God Part II » de U2 : « Heard a singer on the radio / Late last night / Says he’s gonna kick the darkness / Till it bleeds daylight. »

Le guitariste jazz canadien Michael Occhipinti a enregistré un album instrumental, Creation Dream (2000), composé exclusivement de chansons de Bruce Cockburn, alors que l’auteur-compositeur-interprète canadien Steve Bell a lancé un album de reprises intitulé My Dinner With Bruce (2006). En 2010, Bruce Cockburn et son répertoire faisaient l’objet d’un hommage avec The Canadian Songbook: 40 Years of Bruce Cockburn, un concert donné dans le cadre du Festival Luminato de Toronto. Ce concert comptait pour invités Michael Occhipinti, The Barenaked Ladies, le rappeur folk Buck 65, les rockeurs country Blackie and the Rodeo Kings, les chanteuses folk Sylvia Tyson et Amelia Curran, Hawksley Workman et le trio folk-pop The Wailin’ Jennys.

Beaucoup des plus grands succès de Bruce Cockburn entre 1969 et 1979 ont été publiés par les publications du Ottawa Folklore Centre en 1986 dans un folio appelé All the Diamonds. Pour sa part, Bruce Cockburn a participé à l’album-hommage Beautiful: A Tribute to Gordon Lightfoot (2003) en revisitant « Ribbon of Darkness ». Il avait fait de même en interprétant « Strong Hand of Love » pour les deux albums-hommages de Mark Heard, Strong Hand of Love (1994) et Orphans of God (1996).

Travail humanitaire et activisme

Bruce Cockburn défend la justice sociale et ses valeurs de gauche depuis fort longtemps. Il a travaillé en partenariat avec OXFAM, le Comité du service unitaire du Canada, Amnistie internationale, Médecins sans frontières, Amis de la Terre et Vision mondiale Canada. Ses nombreuses visites d’information en Amérique centrale ont mené à une tournée de conférences sur le sujet. Il a aussi fait d’autres visites similaires un peu partout dans le monde, dont au Népal, au Mozambique, au Honduras, au Vietnam, au Cambodge et en Iraq. Lors d’un voyage en Afghanistan durant la guerre en 2009, il rend visite à son frère cadet, le capitaine John Cockburn, médecin de l’armée canadienne.

Bruce Cockburn s’est prononcé sur diverses questions humanitaires, comme la dette du tiers-monde, les droits des Autochtones, la violation des droits de la personne et l’environnement. En 1998, il assure la narration d’un documentaire télé sur le désert du Mali. Il est aussi le principal porte-parole du mouvement pour l’interdiction des mines antipersonnel. Après plus d’une douzaine d’entrevues sur le sujet, il devient, avec Jackson Browne, la tête d’affiche d’un concert-bénéfice le 3 décembre 1997 à Ottawa inaugurant la ratification d’un traité des Nations-Unies bannissant l’utilisation de ces armes. Bruce Cockburn se produit aussi avec Emmylou Harris, John Prine et Steve Earle dans le cadre d’un concert pour un monde sans mines antipersonnel au Massey Hall le 4 décembre 2000.

Bruce Cockburn participe à de nombreux autres concerts-bénéfices et humanitaires, dont un concert en 1986 ayant récolté 35 000 dollars pour soutenir les revendications territoriales des Haïdas; un concert commémorant le centenaire du massacre de Wounded Knee en 1990 à Sioux Falls, dans le Dakota du Sud; un concert pour le Jour de la Terre en 1993 au Hollywood Bowl; un concert de l’UNICEF au profit du Kosovo; le concert Live 8 de 2005 à Barrie, en Ontario; le sommet sur les changements climatiques de l’ONU en 2005 à Montréal; un concert venant en aide aux enfants soldats en 2008 à l’Université de Victoria; un concert pour les troupes canadiennes en Afghanistan en 2009 et le concert « Bring Leonard Peltier Home » en 2012 à New York.

Récompenses

En 2001, l’environnementaliste David Suzuki et l’auteur-compositeur-interprète Gordon Lightfoot intronisent Bruce Cockburn au Panthéon de la musique canadienne lors d’une cérémonie rendant également hommage à Bono, chanteur de U2, à Margo Timmins du groupe Cowboy Junkies et à Jackson Browne, qui a appelé Bruce Cockburn « un des auteurs-compositeurs les plus brillants et intéressants de la langue anglaise ».

En 2005, les chansons « Lovers in a Dangerous Time » et « Wondering Where the Lions Are » se placent respectivement au 11e et au 29e rang de la liste des « chansons canadiennes les plus importantes de l’histoire » compilée par l’émission radiophonique 50 Tracks: The Canadian Version diffusée sur les ondes de la CBC. En plus d’être le premier lauréat du prix humanitaire Allan Waters aux Prix Juno de 2006, Bruce Cockburn est récompensé pour ses efforts humanitaires aux Canadian Music Broadcast & Industry Awards, où on lui décerne le Allan Slaight Humanitarian Spirit Award en 2014.

En 2010, Bruce Cockburn reçoit un prix pour son engagement écologique exceptionnel de la part de Jour de la Terre Canada. En 2011, son visage est imprimé sur des timbres-poste canadiens. Il est également lauréat du Prix d’excellence pour l’ensemble de ses réalisations de la SOCAN, en plus de recevoir plus d’une demi-douzaine de diplômes universitaires honorifiques. En 2013, il fait don de ses archives, qui comprennent 32 cahiers de notes, des arrangements musicaux, des disques d’or, des lettres, des albums de souvenirs, trois guitares et près de 1 000 enregistrements, à l’Université McMaster.

Une version de cet article est parue originalement dans l’Encyclopédie de la musique au Canada.

Prix

Prix Juno

Meilleur chanteur folklorique (ou Group), Prix Juno (1971)

Chanteur folklorique de l’année, Prix Juno (1972)

Chanteur folklorique de l’année, Prix Juno (1973)

Interprète masculin de l’année, Prix Juno (1981)

Artiste folk de l’année, Prix Juno (1981)

Interprète masculin de l’année, Prix Juno (1982)

Artiste folk de l’année, Prix Juno (1982)

Meilleur album roots et traditionnel de l’année : Solo, Prix Juno (2000)

Panthéon de la musique canadienne, Prix Juno (2001)

Prix humanitaire Allan Waters, Prix Juno (2006)

Meilleur album roots et traditionnel de l’année : Solo, Prix Juno (2012)

Gala de la SOCAN

Prix de la S.D.E. CANADA (1981)

Prix de la S.D.E. Canada (1982)

Prix de la S.D.E. Canada (1985)

Prix Wm Harold Moon pour ses réalisations internationales (1986)

Prix Crystal Award (1988)

Prix de la S.D.E. Canada (1988)

Prix SOCAN (1990)

«Lovers In A Dangerous Time», Gala de la SOCAN(1993)

«Great Big Love», Gala de la SOCAN (1993)

«Wondering Where the Lions Are», Classiques de la SOCAN (1995)

« The Coldest Night of the Year », Classiques de la SOCAN (2000)

Folk/Roots Most Domestic Airplay, Gala de la SOCAN (2002)

Série télévisée (international), chanson-thème de Franklin, Gala de la SOCAN (2006)

Prix d’excellence pour l’ensemble de ses réalisations, Gala de la SOCAN (2012)

Prix BMI

Goin’ Down the Road Soundtrack (1971)

“Wondering Where the Lions Are” (1981)

Prix CASBY

Meilleur chanteur de l’année, prix CASBY (1985)

Meilleur chanteur de l’année, prix CASBY (1986)

Vidéo de l’année, prix CASBY (1986)

Meilleur chanteur de l’année, prix CFNY U-Know (1980)

Meilleur album de l’année, prix CFNY U-Know (1981)

Membre, Ordre du Canada (1982)

Prix Edison, Netherlands (1982)

COCA Hall of Fame Award (1988)

Q107 Toronto Music Awards (1988)

Songwriter’s Award, Berklee School of Music (1988)

Folk Award, Q107 Toronto Music Award (1989)

Musician’s Award, Toronto Arts Awards (1992)

Distinguished Alumni Award, Berklee College of Music (1994)

Artist Award, Global Visions Festival (1995)

Key to the City of Ottawa (1997)

Helen Verger Award, Ottawa Folk Festival (1997)

Prix d’excellence du Gouverneur général pour les arts du spectacle (1998)

Lifetime Achievement, TENCO Awards, Italy (1999)

International Achievement Award, Billboard (2000)

Native Heart, Native American Music Awards (2000)

Officier, Ordre du Canada (2002)

Intronisé, Canadian Broadcast Hall of Fame (2002)

Intronisé, Folk Music Walk of Fame (2003)

Lifetime Achievement Award, Winnipeg Folk Festival (2005)

Best Instrumentalist, Canadian Folk Awards (2006)

Ottawa Peace Award (2006)

Outstanding Commitment to the Environment Award, Earth Day Canada (2010)

Contemporary Album of the Year, Canadian Folk Music Awards (2011)

Solo Artist of the Year, Canadian Folk Music Awards (2011)

Médaille du jubilé de diamant de la Reine Elizabeth II (2012)

Allan Slaight Humanitarian Spirit Award, Canadian Music Broadcast & Industry Awards (2014)