Jeunesse et éducation

Brian Maracle grandit au sein de la réserve indienne des Six Nations de la rivière Grand (voir Haudenosaunee) à Ohsweken, en Ontario. À l’âge de cinq ans, son père, un charpentier, établit une société de construction dans l’État de New York et y installe sa famille.

Il est scolarisé dans l’ouest de l’État de New York et en Ontario. Obtenant un baccalauréat du Collège Dartmouth en 1969, il travaille au sein d’organismes autochtones de Vancouver pendant les années 1970. En 1980, il s’installe à Ottawa pour étudier à l’Université Carleton, où il décroche un diplôme en journalisme en 1982.

Carrière dans la presse et à la radio

Brian Maracle travaille comme journaliste dans les années 1980, décennie au cours de laquelle il contribue au Globe and Mail, tout en abordant des enjeux chers aux Autochtones dans les médias de masse et autochtones. Il est également animateur d’Our Native Land à CBC Radio, à l’antenne pendant 21 ans à partir de 1965. Première émission radiophonique à l’échelle nationale axée sur la culture et les questions autochtones, elle est produite par une équipe entièrement autochtone et met en lumière la littérature, les arts, la culture et l’activisme politique des peuples autochtones.

En 1993, le premier livre de Brian Maracle, intitulé Crazywater: Native Voices on Addiction and Recovery, est publié. L’ouvrage consiste en 200 entrevues, au travers desquelles des récits oraux traditionnels sont transmis. Les entrevues sont réalisées aux quatre coins du pays pendant trois années de recherche. Les sujets d’entrevues sont mis en relief par les 75 personnes interviewées, qui sont représentatives des hommes et des femmes métis, inuits et des Premières nations, à la fois jeunes et âgés, buveurs et sobres, habitants des réserves, des villes et de la rue, professionnels comme assistés sociaux. Le livre se démarque par la parole qu’il accorde aux perspectives autochtones sur l’alcool et les drogues, qui émergent ainsi alors même que la culture blanche dominante – celle des universitaires, des spécialistes des sciences sociales, des représentants des gouvernements et des experts médicaux – traite de la question depuis longtemps. Brian Maracle signale son intention de contrer le stéréotype de l’« indien ivrogne », dans l’objectif de faciliter la compréhension des ravages de l’alcool chez les peuples autochtones.

Après la sortie du livre, Brian Maracle quitte Ottawa et regagne sa réserve. Ses expériences de retour l’inspirent à écrire Back on the Rez, finding the way home, publié en 1996. À juste titre divisée selon les quatre saisons, cette œuvre raconte les luttes d’un citadin qui s’adapte à la vie en campagne tout en s’efforçant d’apprendre la langue mohawk. En sa qualité de personne de l’extérieur, Brian Maracle fait preuve d’une certaine objectivité dans ses observations de la vie sociale, politique et spirituelle de la réserve, démontrant la manière dont la culture blanche dominante a joué un rôle important dans la destruction de l’identité et la culture autochtones, ainsi qu’en remarquant les failles de la société autochtone et le déchirement de la communauté, entre culture blanche et tradition. Sa participation à la vie de réserve est une leçon d’histoire, de culture et de spiritualité autochtones offerte par l’auteur à ses lecteurs. Si le livre dresse un portrait historique des Six Nations (les Mohawks, Tsonnontouans, Goyogouin, Onneiouts, Onontagués et Tuscaroras), bon nombre de traditions culturelles qui y sont présentées, comme le système des clans et la société matriarcale et matrilinéaire, s’appliquent à d’autres Premières nations.

Revitalisation de la langue mohawk

Après avoir regagné sa réserve, Brian Maracle se met à apprendre le mohawk. En 1998, il fonde avec sa femme Audrey une école d’immersion à temps plein pour adultes, du nom de Onkwawenna Kentyohkwa. Il abandonne alors pratiquement sa carrière d’écrivain pour se dévouer à la revitalisation de la langue mohawk, s’appuyant sur ses compétences pour animer une émission radiophonique intitulée Tewatonhwehsen! (Passons un bon moment!) et tenir un blogue en mohawk. (Voir aussi Langues autochtones au Canada).

Art sonore

En 2012, la nouvelle collaboration médiatique de Brian Maracle avec sa fille Zoe Leigh Hopkins est présentée à la 13e édition du festival annuel de films et d’arts médiatiques autochtones ImagineNATIVE. Leur œuvre d’art sonore, intitulée Karenniyohston – Old Songs Made Good, mélange art oral et sonore sous forme d’adaptation de 30 minutes de cinq hymnes nationaux et culturels du Canada, du Royaume-Uni et des États-Unis.

Prix et distinctions

Deux fois finaliste du Prix Gordon Montador pour l’œuvre non fictive, Brian Maracle remporte un National Radio Award et est lauréat du Six Nations Community Treasure Award en 2008. En juin 2015, Brian Maracle se voit octroyer un doctorat honorifique en lettres par l’Université Wilfrid Laurier.