Bonnie Devine, artiste, écrivaine (née le 12 avril 1952 à Toronto, en Ontario). Bonnie Devine est une artiste et écrivaine ojibwée influente (elle est membre de la bande de Serpent River). Elle présente une exposition individuelle, intitulée The Tecumseh Papers, à la Art Gallery de Windsor en 2013, en plus de figurer aux côtés d’autres artistes autochtones dans le cadre de l’exposition Anishinaabe Artists of the Great Lakes au Musée des beaux-arts de l’Ontario. Elle est professeure adjointe à l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario, où elle est également présidente fondatrice du programme en culture visuelle autochtone.

Éducation et débuts de carrière

Bien que née et élevée à Toronto, Bonnie Devine est membre de la bande de Serpent River, une Première Nation du nord de l’Ontario avec laquelle elle conserve des liens profonds. Bonnie Devine fait un retour aux études dans la quarantaine et reçoit en 1997 un baccalauréat spécialisé en beaux-arts avec une concentration en sculpture et en installation de l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario. Elle obtient ensuite une maîtrise en beaux-arts à l’Université York en 1999.

Dès ses débuts, elle explore à travers le dessin, la peinture, la sculpture, l’art environnemental, la performance et la vidéo ce qui est arrivé aux peuples autochtones et à leur territoire dans la région de la bande de Serpent River, dans le nord de l’Ontario, faisant toujours appel à la mythologie ojibwée et aux traditions orales de son peuple. Smallpox Blankets (1995) est une œuvre mixte qui présente cinq sculptures murales ressemblant à des draps tachés de boue. La pièce fait allusion à un triste épisode, lorsque des peuples autochtones ont été infectés et décimés par des couvertures infestées de variole, en plus d’évoquer des cartes géographiques de paysages pollués. Earth-Braid (1999) est une longue tresse d’herbe tissée, étendue sur le sol, qui évoque les façons dont la vie humaine, en particulier celle de la femme peut-être, est tissée en harmonie avec la Terre.

Ses séries d’illustrations mixtes Book of Transformation (1999) et Book of Radiance (1999), par moments visionnaires et extatiques, illustrent comment les industries, en particulier les mines d’uranium, ternissent les paysages. Une œuvre tirée de Book of transformation, accompagnée de la légende « and two nights I waited » (en français, « et deux nuits j’ai attendu »), présente des bandes mauves qui descendent d’une lune brillante, au-dessus des collines. On s'imagine que ce qu’on attend est une vision mythique, voire même rédemptrice. Dans une autre pièce, tirée de Book of Radiance et accompagnée de la légende « We lived in a mysterious country » (en français, « Nous vivions dans un pays mystérieux »), des formes sont placées sur une pente verte qui s’étend vers l’horizon, devant un ciel rempli de nuages blancs. Afin de respecter le monde naturel sacré, l’œuvre implique qu’il faut conserver son caractère mystérieux.

La toute première exposition solo de Bonnie Devine, Radiation and Radiance, se tient à la Gallery 1313 à Toronto en 1999. En 2000, elle présente ensuite l’exposition Time/Space/Presence à la A Space Gallery, toujours à Toronto. En 2003 et 2004, son exposition individuelle Stories from the Shield est en tournée un peu partout au Canada, notamment au Centre culturel ojibwé de l’île Manitoulin, en Ontario, à la Justina M. Barnicke Gallery, à la Hart House, à l’Université de Toronto, à la Art Gallery de Sudbury, et à la Urban Shaman Gallery à Winnipeg.

Projets récents

En 2010, avec son exposition Medicine Basket, Body Bags à la Station Gallery de Whitby, en Ontario, Bonnie Devine continue son exploration de la dévastation infligée aux lacs, aux rivières et aux terres du nord de l’Ontario par les mines d’uranium. L’une des œuvres maîtresses de cette exposition, Canoe, propose un canot grandeur nature enrobé de papier sur lequel apparaissent des dessins, au goudron, et des écrits sur les endroits et les ravages qu’ils ont connus. Aux yeux de l’artiste, en écrivant ces histoires sur le canot, on ramène celles-ci à leur source : l’eau et la terre. Selon elle, la pollution n’est pas que physique; elle constitue l’une des façons dont la technologie occidentale et le capitalisme industriel volent l’âme de la Terre.

Pour l’exposition The Tecumseh Papers à la Art Gallery de Windsor à Windsor, en Ontario, Bonnie Devine s’inspire de deux sculptures en terre cuite du XIXe siècle par Hamilton MacCarthy, Tecumseh (1896) et Brock (1896). Elle produit des peintures, des dessins, des installations et des vidéos pour rendre hommage à Tecumseh et pour explorer les impacts de la Proclamation royale de 1763, le Traité de Greenville de 1795 et le Traité de Gand de 1814 sur la vie des peuples autochtones de la région.

Écrivaine et commissaire

Bonnie Devine met sur pied l’exposition de l’artiste ojibwée lauréate d’un Prix du Gouverneur général Daphne Odjig, The Drawings and Paintings of Daphne Odjig : A Retrospective, qui fait le tour des musées canadiens, notamment le Musée des beaux-arts du Canada, de 2007 à 2010. Elle écrit également un essai pour le catalogue de l’exposition. Elle pond aussi un texte pour le catalogue d’une exposition d’Anong Beam (la fille de Carl Beam) à la Latcham Gallery à Stouffville, en Ontario.