Bombardier, Louise

Louise Bombardier, comédienne, auteure (Sherbrooke, 11 juillet 1953-). À sa sortie du cégep de Saint-Hyacinthe en 1973, Louise Bombardier participe à l'effervescence théâtrale du moment, qu'on appelle le « jeune théâtre », notamment à l'Atelier de Sherbrooke, au Théâtre du Sang Neuf et au Gyroscope. Au Théâtre Petit à Petit, elle collabore à des créations collectives - Sortie de secours (1984) et Bain public (1986) -, et nourrit ainsi deux passions qui continueront de l'habiter, le jeu et l'écriture.

Si Claude Poissant la dirige dans plusieurs spectacles au Théâtre PàP et ailleurs, elle travaille avec un large éventail de metteurs en scène (René Richard Cyr, Martine Beaulne, Denis Marleau, Denise Guilbault, Michèle Magny, Fernand Rainville). Interprète assidue de la création québécoise depuis vingt-cinq ans, elle a joué Jovette Marchessault (Le Voyage magnifique d'Emily Carr, Théâtre d'Aujourd'hui, 1990), Reynald Robinson (La Salle des loisirs, Théâtre d'Aujourd'hui, 1997), Jean-François Caron (Aux hommes de bonne volonté, Quat'Sous, 1993 ; La Nature même du continent, Théâtre d'Aujourd'hui, 2003), Normand Chaurette (La Société des Métis, Théâtre d'Aujourd'hui, 1987; Le Petit Köchel, Théâtre UBU, 2000; Les Reines, Théâtre UBU, 2005) et François Godin (Louisiane Nord, PàP, 2004). Un jeu nerveux, un débit rapide et précis, une dégaine inimitable lui valent nombre de personnages caractériels ou désaxés, évoluant dans une urbanité violente : ceux de Kôbô Abe (Les Amis, PàP, 1989-90), de Judith Thompson (Je suis à toi, Théâtre de la Manufacture, 1990 ; Lion dans les rues (Quat'Sous, 1991), de Brad Fraser (Poor Super Man, Quat'Sous, 1995), de George C. Walker (Pour adultes seulement, Quat'Sous, 1999). Ces univers prosaïques tranchent ceux de Normand Chaurette, notamment, où elle explore un autre registre, mettant à profit une gravité, une intériorité, une énergie tout autres.

Depuis Dis-moi doux (1981), elle élabore une riche œuvre dramatique pour enfants, qui compte une dizaines de textes, où un monde onirique ou merveilleux intervient pour transcender la peur ou la solitude (Conte de Jeanne-Marc, 1992 ; Conte-gouttes, 2002). Hippopotamie, mise en scène par Brigitte Haentjens en 1990, marque le début d'une complicité avec le Théâtre des Confettis, mais ses pièces sont jouées également par d'autres compagnies jeunes publics : Noëlle en juillet (Théâtre le Clou, 1996) ; Le Champ (Théâtre du Gros Mécano, 1996), puissante fable écologique sur la mort et la guerre ; La Cité des loups (Théâtre de l''il, 2003). Quant à ses pièces pour adultes, elles flirtent avec le fantastique mêlé de psychanalyse, et parfois d'horreur. Y défilent enfant-monstre (L'Enfant, présenté au Festival de courtes pièces, Nouveau Théâtre Expérimental, 1998), femme-cheval (La Femme-cheval présentée dans Atelier étrange, NTE, 1998), homme-peau d'ours (Pension Vaudou, mise en scène par Diane Dubeau, NTE/Momentum/Théâtre de la Nouvelle Lune, 2000) et autres bêtes mythologiques (Ma mère chien, Théâtre d'Aujourd'hui, 2005). Elle a signé par ailleurs des textes pour la radio et la télévision, des nouvelles (Flambant noir, Lanctôt, 2005) ainsi qu'une traduction remarquée : Le Cygne de Elizabeth Egloff, mis en scène par Claude Poissant (PàP, Espace GO' 1995).

Bien que l'essentiel de sa carrière se déroule sur les planches, on la voit aussi au cinéma et à la télévision (Le Bunker, Les Bougon, Grande Ourse).