Bernice Morgan, écrivaine (St John's, Terre-Neuve, 8 février 1935). Bernice Morgan grandit à St John's, Terre-Neuve, où elle fréquente la Newfoundland Academy, une école adventiste du septième jour et y obtient son diplôme. Les parents de Morgan viennent des petites communautés côtières de l'Île Random, dans la baie de la Trinité, et de Cape-Island, dans la Baie de Bonavista. Bernice Morgan crée une communauté insulaire fictive, qu'elle nomme Cap Random, dans ses romans historiques à succès Random Passage (v.f. Cap Random) et Waiting for Time (v.f. Cap Random II). À propos du développement extraordinaire de la scène littéraire à Terre-Neuve à la fin du 20e siècle, Morgan observe ce qui suit : « Nous avions réellement le sentiment que vous ne pouviez pas écrire sur la région. Et les femmes, bien entendu, avaient le sentiment que vous ne pouviez pas écrire sur ce qui se passait à l'intérieur des maisons. Je suis à la pointe de la génération qui a vu tout ça changer ».

L'apport de son écriture à la connaissance de l'histoire, des habitants et des questions sociales de sa province est reconnu en 1996 lorsque le Newfoundland and Labrador Arts Council nomme Morgan « Artiste de l'année ». Morgan coédite l'anthologie From This Place: A Selection of Writing by Women of Newfoundland and Labrador (1978). Sa pièce primée, The Big Game (1997), se déroule dans un pavillon de chasse près de Gander. Les nouvelles figurant dans son recueil, The Topography of Love (2000), se déroulent principalement dans sa propre localité de St John's et mettent en vedette des personnages de cette région. Dans le cadre de l'allocution qui accompagne sa remise d'un doctorat honorifique de la Memorial University of Newfoundland, Morgan est acclamée pour « sa vision de [la] dignité, [du] courage et de la constante vitalité » des gens et des communautés de Terre-Neuve.

Random Passage (1992; v.f. Cap Random) suit les aventures, surtout les mésaventures, d'un groupe d'immigrants anglais qui arrivent à Terre-Neuve au début du 19e siècle. Alors qu'ils espéraient une vie meilleure, ils se retrouvent plutôt au cœur du paysage éloigné, inhabité et hostile de Cap Random. Les pionniers affrontent des conditions extrêmement difficiles et des catastrophes, allant des tempêtes dévastatrices aux attaques d'ours. La petite communauté isolée est atterrée. Waiting for Time (v.f. Cap Random II) raconte encore une fois l'histoire du peuplement du village du point de vue d'un personnage différent, et actualise également leur histoire en présentant un narrateur de la fin du 20e siècle qui est un descendant des familles d'immigrants initiales. Waiting for Time (v.f. Cap Random II) remporte le Canadian Authors Association Literary Prize for Fiction (1994) et le Thomas H. Raddall Atlantic Fiction Award.

Bernice Morgan écrit sans ménagements et d'une manière fascinante sur les grandes forces, à la fois environnementales et sociopolitiques, auxquelles sont confrontés ses personnages. Elle dépeint leur survie et leur succès comme un témoignage de la force et de l'endurance de ces premiers pionniers, particulièrement des femmes. Une minisérie de huit heures intitulée Random Passage (v.f. Cap Random), inspirée des deux romans, est présentée pour la première fois à la télévision de la SRC en 2002. La série attire plus d'un million de téléspectateurs par épisode et est reconnue pour avoir stimulé le tourisme à Terre-Neuve.