Les Sahtu Got'ine sont un peuple du groupe linguistique déné habitant près du ​Grand lac de l’Ours dans les Territoires du Nord-Ouest. Leur poste de traite et leur établissement se trouvent à ​Déline (autrefois Fort Franklin), à l'extrémité ouest du lac. Avant le 20e siècle, les Sahtu Got'ine ne se désignent pas comme un peuple distinct et n'en sont pas considérés comme tel par les personnes non membres de la communauté.

Historiquement, et probablement depuis la préhistoire, le Grand lac de l'Ours a été exploité par diverses petites tribus : les ​K'asho Got'ine​, les ​Tlichos​ et les ​Esclaves​. Ces groupes chassaient les troupeaux de caribous et pêchaient sur les côtes et le long des tributaires du lac. Les Inuit, peuple autochtone ennemi des Dénés, s'approchaient quelquefois de la région Nord-Ouest du lac pour y chasser le caribou. Ce contact a pu se traduire par quelques hostilités ouvertes, mais comme ils se craignaient mutuellement, les deux peuples s'évitaient, ce qui réduisit graduellement l'hostilité durant la période historique.

Structure sociale et langue

Déline, situé sur la baie Keith, près de l'entrée de la rivière Great Bear, est à proximité de l'une des quelques zones de pêche exploitées à longueur d'année à cette latitude. Pour des communautés voisines et amies, c'était l'endroit tout indiqué pour jouir d'une ressource assurée et socialiser. Avec la venue de la traite des fourrures, et un poste de traite ouvert de façon intermittente depuis 1804, les différents groupes autochtones ont eu de plus en plus de contacts entre eux. Au cours du 19e siècle et au début du 20e siècle, ces groupes ont commencé graduellement à se nommer « Bear Lakers » (habitants du lac de l'Ours). Ils ont aussi développé leur propre dialecte, y incorporant des mots des groupes linguistiques des Tlichos, des K'asho Got'ine et des Esclaves-​Shuta Got'ine​.

Économie

En 1996, la bande ne compte que 754 habitants. En 1930, des gisements d'uranium et d'argent sont cependant découverts à l'extrémité est du Grand lac de l'Ours. Au cours des années 1940, l'exploitation de l'uranium permet aux Sahtu Got'ine de participer un peu à l'économie canadienne, mais vers les années 1950, cet apport reste négligeable. Aujourd'hui, les Sahtu Got'ine vivent toujours de la chasse et de la pêche traditionnelles. La bande s'adonne aussi au trappage et ses membres occupent quelques emplois, ce qui leur permet de se payer d'autres produits.