La zone culturelle du Plateau est composée des hauts plateaux entre la chaîne côtière de la Colombie-Britannique et les montagnes Rocheuses et elle s’étend au sud comprenant des parties de l’État de Washington, de l’Oregon, de l’Idaho et du Montana. À une altitude moins élevée, elle comprend des prairies et des forêts subarctiques. Le Canada tel que nous le connaissons aujourd’hui comporte six zones culturelles dont le Plateau. Ces zones ne sont pas limitées par des frontières internationales. Le terme « Autochtones du Plateau » est un nom collectif qui décrit un certain nombre de groupes différents et uniques. Les Autochtones du Plateau comprennent, entre autres, les Shuswaps, les Lillooet, les Kootenays et les Chilcotins. Dans cet article, il sera question en termes généraux des peuples autochtones qui étaient et qui sont toujours les premiers habitants de la région. Des dates précises sont fournies dans certains cas, mais l’article traite très largement de la vie et de la société avant la colonisation et des changements que l’arrivée des Européens a entraînés.

Principaux groupes tribaux et linguistiques

Les familles linguistiques représentées traditionnellement dans cette région sont le na-dené, parfois appelé langues athapascanes, et les langues salish. Le nicola-similkameen est maintenant disparu alors que d’autres langues reçoivent l’appui de nombreux programmes linguistiques et de nombreux locuteurs natifs. Le fait d’utiliser des gentilés comme « déné » ou « athapascan » reflète la nature souvent arbitraire qui prévaut au sein de la culture autochtone en ce qui concerne l’attribution des noms. En 1826, Albert Gallatin, un politicien américain et ethnographe, choisit le nom athapascan provenant d’un mot cree qui signifie sans doute « où il y a des roseaux ». Déné qui signifie « les gens » est davantage accepté quoiqu’un terme aussi général puisse poser problème. Dans ce cas, le terme « déné » peut autant faire référence aux locuteurs des langues athapascanes du Nord qu’à ceux qui parlent ou qui parlaient traditionnellement des langues dénées. La plupart des Authochtones préfèrent être connus par leurs dénominations spécifiques.

Dans le Plateau, les quatre nations salish du continent comprennent les Secwepemc (ou Shuswaps), les Stl’atl’imx (ou Lilloet), les Nlaka’pamux (aussi connus sous le nom the Thompson), et les Okanagan (ou Salish du continent). Les Ktunaxa, aussi appelés Kootenays, dont la langue traditionnelle est isolée, sont établis le long de la limite ouest des montagnes Rocheuses dans le bassin de la rivière Kootenay. En général, cette région est maintenant connue sous le nom « Kootenay » ou « les Kootenays ». Les Tsilhqot’in (Chilcotins) et les Dakelh (ou Porteurs) font tous deux partie des groupes dénés et habitent la région nord du Plateau. Les régions des Stl’atl’imx et des Nlaka’pamux se trouvent le long de la limite sud-ouest du Plateau, adjacente à la chaîne de montagnes côtière. Les Secwepemc habitent le grand territoire central à l’ouest des montagnes Rocheuses, au nord des Kootenays, faisant une boucle au-dessus du territoire traditionnel okanagan dans la vallée de l’Okanagan.

Historique

Les archéologues posent comme principe qu’il y a au moins 10 000 ans, peu de temps après la fonte des glaciers de la plus récente période glaciaire, le plateau de la Colombie-Britannique est peuplé d’Autochtones qui ont émigré vers le nord après avoir quitté des régions plus au sud de ce même plateau (voir Préhistoire). Il s’y développe progressivement une culture adaptée aux montagnes boisées, aux collines couvertes de sauge et de cactus et aux ressources fluviales de la région.

C’est avant tout l’abondance des ressources naturelles du Plateau qui attire les non-Autochtones dans cette région. L’attrait des fourrures mène l’explorateur Alexander Mackenzie à rencontrer les Secwepemc du Nord, en 1793, et entraîne David Thompson dans le territoire des Ktunaxa, en 1807. En 1808, Simon Fraser explore le fleuve qui porte désormais son nom. Les Autochtones qu’ils rencontrent offrent l’hospitalité à tous ces explorateurs. Par exemple, un chef prend Fraser par le bras et lui indique de serrer la main des 1200 Nlaka’pamux rassemblés à Lytton pour le rencontrer.

Des postes de traite des fourrures sont construits dans diverses régions du Plateau avant les années 1820. L’introduction des armes à feu et des outils métalliques facilite la chasse aux animaux à fourrure comme le cerf, les wapitis, des ours et des bisons, dont les populations se mettent bientôt à décroître. À la même époque, des épidémies de rougeole, de grippe et de variole s’abattent sur les campements autochtones, tuant des milliers de personnes.

C’est l’or qui attire ensuite la nouvelle vague de non-Autochtones qui envahissent le Plateau. La découverte d’or en bordure du fleuve Fraser en 1857 attire en effet plus que 30 000 prospecteurs blancs dans la région. La grande majorité d’entre eux proviennent de mines d’or en Californie. Pour tenter d’instaurer des relations pacifiques entre les peuples et de protéger les territoires autochtones contre de nouveaux empiétements, le gouverneur colonial de la Colombie-Britannique, James Douglas, s’efforce de développer des politiques qui respectent les droits territoriaux des Autochtones. Ses motivations étant plus humanitaires que celles de la majorité de ses pairs, il cherche à établir des réserves reposant sur des traités à l’intérieur des territoires autochtones plutôt que de poursuivre cette politique de retrait et de concentration qui caractérise la colonisation de l’ouest des États-Unis. Les Autochtones vivront alors dans des réserves délimitées et gérées par le gouvernement. Cependant, le mandat de James Douglas prend fin en 1864 et les politiques de colonisation sont dominées par Joseph William Trutch, le nouveau commissaire en chef des Terres et des Travaux, qui refuse de reconnaître le titre autochtone et cherche à réquisitionner leur territoire autant que possible.

Dans le Plateau, aucun traité n’est signé, et aucune indemnité n’est versée, même si on procède à l’arpentage et, en 1858, au partage des réserves. Plusieurs grandes réserves établies durant l’époque coloniale sont réduites en 1871, après que la Colombie-Britannique ait joint la Confédération. Avant la fin des années 1890, tous les Autochtones du Plateau sont tenus de vivre dans de petites réserves dispersées. Des fonctionnaires provinciaux déclarent que la Proclamation royale de 1763 ne s’applique pas à la Colombie-Britannique et sont en fait même sceptiques à savoir si le titre autochtone existe. Les droits autochtones sont sans cesse marginalisés, ce qui fait en sorte que de nombreux efforts sont déployés de façon continue pour réclamer les terres ancestrales et les méthodes d’autogouvernance. Par exemple, l’Alliance des tribus de la Colombie-Britannique, un partenariat entre la nation Nisga’a des Salish de la côte et les Salish du continent, voit le jour en 1916 en opposition avec le recours accru à la réduction des réserves entrepris par la succession de commissions foncières approuvées par la province. Toutefois, cette initiative est éclipsée par un conflit récurrent entre la province qui, sur les traces de Joseph Willian Trutch, cherche à continuer à s’approprier des terres, et le gouvernement fédéral qui revendique les titres de la Couronne sur les réserves. En 1912, pour résoudre ce conflit, le gouvernement crée la commission McKenna-McBride qui publie un rapport reconnaissant la plupart des réserves existantes et recommandant que des terres supplémentaires soient mises de côté. Le gouvernement entérine le rapport sans consulter les populations autochtones touchées, ce qui fait en sorte que le gouvernement prend des terres à des nations et en donne plus à d’autres. En 1969, le gouvernement fédéral reconnaît le caractère abusif de telles saisies de terres, ce qui mène aux premières revendications territoriales en 1982.

Culture traditionnelle

L’information sur le mode de vie qui prévaut à l’intérieur du Plateau avant l’arrivée des colons est incomplète. Au moment où l’on réalise les premières études détaillées sur la zone culturelle du Plateau, à la fin des années 1880 et au début des années 1900, le mode de vie traditionnel a déjà subi de profondes transformations. La description qui suit, tirée des œuvres des ethnographes James Teit, Franz Boas, George Mercer Dawson et Charles Hill-Tout et des travaux de recherche de spécialistes contemporains, témoigne des lacunes de nos connaissances sur le mode de vie traditionnel du Plateau. La culture du Plateau se transmettant par la tradition orale, des étrangers écrivent les archives au sujet de cette période précoce. Les ethnographes et les chercheurs, aussi consciencieux et prudents qu’ils puissent être, ajoutent toujours une certaine dose de préjugés et d’interprétation.

Migration

Dans cette région, des groupes de personnes apparentées travaillent et se déplacent ensemble au printemps, à l’été et à l’automne. Ils rejoignent d’autres groupes pour passer l’hiver dans des villages relativement permanents. La société du Plateau est à plusieurs égards égalitaire et communautaire, bien que les décisions importantes soient laissées aux hommes. Chaque village a son chef ou son notable qui voit à l’organisation des activités économiques (par exemple, le chef du saumon s’occupe de la pêche). On prend le conseil de ces hommes au sérieux, mais tous les adultes mâles participent à des réunions au cours desquelles on discute des préoccupations générales du groupe. Dans certaines régions du Plateau, les aînés de l’ensemble de la communauté forment un conseil. Le chef invite les autres hommes à discuter des problèmes auxquels la bande est confrontée. Souvent, les décisions sont prises surtout en suivant les conseils des aînés.

Division du travail

Les Autochtones du Plateau répartissent les tâches en fonction du sexe. Les hommes sont responsables de la chasse, du piégeage, de la pêche et de la fabrication d’outils et d’armes d’os, de bois et de pierre. Les femmes préparent les repas et transforment la nourriture pour l’entreposage d’hiver, font la cueillette des plantes, voient à l’entretien de la maison et prennent soin des jeunes enfants. Les rôles sont peu spécialisés. Les hommes qui acquièrent des habiletés physiques et spirituelles durant leurs années d’adolescence deviennent les « professionnels » de la chasse à l’ours et à la chèvre de montagne. On attend de tous les hommes qu’ils soient des chasseurs de cerf compétents. Le territoire et les ressources, à quelques exceptions près, appartiennent à la communauté. Certains particuliers sont propriétaires de leur propre zone de pêche au saumon, mais d’autres zones appartiennent collectivement aux résidents ou à des groupes du village. Les territoires de chasse et de cueillette de racines éloignés sont généralement réservés à tous ceux qui parlent la même langue, et les habitants d’une région en particulier permettent parfois à d’autres gens de les utiliser. Le partage obligatoire et l’égalitarisme économique constituent l’éthos fondamental de la société. Certains groupes de Secwepemc et de Stl’atl’imc ont un système héréditaire en vertu duquel certains chasseurs assument l’intendance des régions qu’ils connaissent bien.

Nourriture

Les Autochtones du Plateau dépendent principalement de la chasse et du piégeage pour acquérir des biens, mais ils échangent aussi poisson, fourrures, outils et armes. Ils chassent les gros animaux à l’aide des fosses et des assommoirs, ils utilisent des arcs et des flèches pour les plus petites proies et se servent de filets pour attraper la sauvagine. Les membres d’un village se partagent la nourriture. Dans les zones de pêche au saumon, on installe une pêcherie à fascines ou un filet pour capturer le poisson destiné à tout le village. Les hommes harponnent les poissons pour les besoins de leur propre famille.

Étant donné que l’économie du Plateau est basée sur la chasse, la pêche et la cueillette, activités saisonnières et aléatoires, on consacre beaucoup de temps et d’efforts à fumer et à sécher la nourriture avant de l’entreposer. La conservation des aliments est essentielle à la survie et toute la communauté participe à cette activité.

La nourriture n’est pas toujours abondante. Parfois les migrations de saumon échouent, certains animaux sont introuvables ou les cueillettes de racines et de baies sont infructueuses. Il faut alors parcourir de plus longues distances et travailler plus fort pour survivre. Chaque printemps, afin d’assurer une bonne récolte, on célèbre par une cérémonie spéciale la première montaison de saumon et l’apparition des fleurs de baies.

Transport

Le transport sur de longues distances se fait surtout en pirogues faites de genévrier rouge ou de peuplier ou en canots d’écorce de pin blanc ou de bouleau. L’hiver, ils utilisent des raquettes de différentes formes se prêtant aux divers états de la neige et du terrain pour voyager à pied. Au début, les chiens leur servent d’animaux de bât et pour la chasse au chevreuil. Dans les années 1730, l’introduction du cheval, en provenance du Sud, améliore considérablement la mobilité des Autochtones du Plateau. Au Canada, les Ktunaxa sont vraisemblablement le premier peuple autochtone du Plateau canadien à obtenir des chevaux.

Habitation

Les Autochtones du Plateau vivent dans trois principaux types de maison : la maison semi-souterraine, l’abri recouvert de joncs de scirpe et le tipi, un mot lakota qui signifie « utilisé pour habiter ». Les Autochtones du Plateau sont semi-nomades, et leurs habitations sont construites à l’aide de matériaux transportables et réutilisables. La maison semi-souterraine consiste généralement en une fosse circulaire, carrée ou ovale, surmontée d’un toit conique fait de perches recouvertes de broussailles et de terre, les crevasses et les trous étant remplis de mousse. L’architecture varie d’une région à l’autre. Par exemple, la fosse peut être circulaire, de forme carrée ou ovale, le toit conique, pyramidal ou presque plat, et l’entrée peut consister en une ouverture pratiquée au centre du toit ou en une porte percée dans un des côtés du toit (qui permet également à la fumée de s’échapper). Des tunnels servent parfois d’entrée ou permettent de communiquer avec plusieurs maisons semi-souterraines. Celles-ci servent surtout durant l’hiver, certains éléments donnent toutefois à penser qu’elles sont utilisées à d’autres périodes de l’année.

Dans le Plateau, les Autochtones habitent des abris recouverts d’écorce, de joncs de scirpe ou d’herbe. Ces abris sont d’ordinaire construits suivant trois principaux plans au sol : rectangulaire, aux côtés parallèles et aux extrémités arrondies, ou rectangulaire à une extrémité arrondie. Durant l’hiver, on isole la base de ces abris d’un remblai de terre et de neige. Les abris sont occupés par plusieurs familles, qui dorment dans des zones séparées et partagent une aire centrale pour la cuisine et les autres activités domestiques collectives. Un ou plusieurs feux ouverts sont placés au centre de l’abri. Les maisons semi-souterraines sont moins fréquentes chez les Ktunaxa du Plateau. On se sert de tipis recouverts de peaux en plus des autres types d’habitation. La structure de base de leur tipi est faite de quatre perches principales et renforcée de 15 autres perches. On a recours également à des appentis de perches et de broussailles pour servir d’abris dans les campements temporaires. On trouve aussi une suerie pour les hommes et une pièce d’isolement, réservée aux femmes pendant leurs menstruations. Les deux structures servent de lieux de cérémonie pour faire la transition vers la vie adulte. Par exemple, on séquestre une jeune fille qui a ses premières menstruations pendant environ une semaine, puis des aînés prennent soin d’elle et on lui offre des cadeaux. Sur le Plateau, on délaisse les habitations de style traditionnel au milieu et vers la fin du XIXe siècle, bien qu’en certains endroits, on les utilise jusqu’au début du XXe siècle.

Croyances

Les Autochtones du Plateau maintiennent des rapports profonds avec leur environnement. Ils attribuent des pouvoirs spéciaux à tout ce qui les entoure, y compris les roches et les arbres. Cette relation spirituelle avec la nature imprègne tous les aspects de la vie quotidienne (voir Religion des Autochtones). Durant son adolescence, chaque individu subit un apprentissage spécial lui permettant de recevoir le pouvoir d’un gardien spirituel issu de la nature. L’esprit descend sur la personne quand celle-ci est en état de transe. Il lui explique comment utiliser son don et lui transmet une « chanson pour appeler le pouvoir ». Les chamans, qui suivent une formation plus longue et plus intense, reçoivent des pouvoirs spéciaux qui les rendent capables de guérir les malades ou de jeter des sorts. Ils sont à la fois craints et respectés. Ils utilisent leurs pouvoirs transmis par l’esprit protecteur dans leurs rituels de guérison.

La Danse du gardien spirituel, qui se fait en général en hiver, est la plus importante des cérémonies pour la plupart des peuples du Plateau dans ce qui constitue maintenant les États-Unis. Elle est également observée au Canada, surtout par les Okanagans. Il est probable que cette danse ait aussi été pratiquée jadis par les Secwepemc, les Nlaka’pamux et les Stl’atl’imc, mais de façon légèrement différente. Certains Okanagans participent encore à de telles cérémonies tenues aujourd’hui en Colombie-Britannique et aux États-Unis. Les chamans sont les hôtes de la danse au cours de laquelle ils communiquent en public avec leurs puissances spirituelles. Après une ou plusieurs nuits de danse, et au cours desquelles sont administrés des soins aux malades, l’hôte ou l’hôtesse offre des présents aux invités. D’autres groupes salish du Plateau observent des rituels semblables, ponctués de chants offerts aux esprits, à n’importe quel moment de l’année.

Chez les Ktunaxa, on célèbre une cérémonie destinée à unir le pouvoir d’un esprit à son possesseur afin de prédire l’avenir ou de retrouver des objets perdus. Cette cérémonie, tout comme la danse du soleil, fait croire à l’existence de liens entre les Ktunaxa et les Autochtones des Plaines.

Pendant un certain temps, plusieurs groupes du Plateau se convertissent au christianisme surtout en raison de l’influence des missionnaires et de l’imposition par le gouvernement fédéral de pensionnats assimilateurs dès la fin du XIXe siècle. Alors que les groupes d’Autochtones du Plateau se battent pour le rétablissement politique et culturel, plusieurs groupes font des efforts pour se réapproprier leurs croyances religieuses et leurs cérémonies traditionnelles.

Vêtements

Les Autochtones du Plateau portent des vêtements confectionnés de peaux d’animaux tannées ou tissées avec des herbes ou de l’écorce de broussailles assouplie. Le port des mocassins est courant. Ils sont le plus souvent en peau de chevreuil et parfois en peau de saumon. Les vêtements d’hiver sont confectionnés avec les épaisses peaux d’animaux à fourrure. Certains groupes décorent leurs vêtements de coquilles de dentale, d’ocre, de piquants de porc-épic, de graines ou de perles faites à la main. Les articles utilitaires comme les nattes et les paniers tissés sont également ornés.

Chansons

Les chansons occupent une place importante dans la vie traditionnelle du Plateau. Elles servent à s’approprier des pouvoirs magiques et religieux. Elles sont parfois accompagnées du son de flûtes en bois et de hochets fabriqués avec des sabots de cerf, mais surtout de tambours en bois recouverts de peau. La chanson du jeu de bâtonnets demeure très en vogue aujourd’hui. On la chante souvent quand on s’engage dans un match de paris.

Littérature orale

Les Autochtones du Plateau transmettent leur savoir aux générations suivantes par la tradition orale du Plateau. L’histoire d’une communauté a été transmise de génération en génération à l’aide de descriptions détaillées d’événements et de gens. La langue et le contexte de l’histoire font partie de sa signification et de son intention. Le filou-créateur est le personnage surnommé le Coyote dans un cycle complexe de contes, souvent truffés d’épisodes amusants et paillards. La langue et la tradition orale sont naturellement liées. Ainsi, les efforts de revitalisation de la langue contemporaine que déploient les Autochtones du Plateau ont aussi tendance à mettre l’accent sur l’importance de la tradition orale.

Changements culturels

Depuis la création des réserves à la fin du XIXe siècle, les Autochtones du Plateau jouent un rôle prépondérant dans les luttes menées pour faire valoir les revendications territoriales des Autochtones en Colombie-Britannique. Le dirigeant secwepemc, Basil David, se joint à des délégations autochtones qui se rendent en Angleterre en 1906 et à Ottawa en 1912 pour présenter des revendications territoriales à la Couronne. L’influente organisation autochtone l’Alliance des tribus de la Colombie-Britannique est fondée en 1916 par plusieurs Salish du continent avec la contribution de l’ethnographe James Teit. Cette organisation est active jusqu’en 1927, moment où elle s’effondre à la suite d’une tentative de revendiquer le titre autochtone par l’intermédiaire du Comité judiciaire du Conseil privé qui échoue.

Problèmes contemporains

Depuis le début des années 1970, plusieurs Autochtones du Plateau tentent de réinterpréter de façon réfléchie les coutumes traditionnelles, ce qui entraîne l’émergence d’un mouvement panamérindianiste qui se répand de plus en plus. Durant les dernières années de la décennie 1970, on assiste à la création de puissants conseils de bandes autochtones du Plateau canadien, structurés en fonction de critères linguistiques définis et regroupant plusieurs bandes. Les bandes et les conseils préconisent avec vigueur l’instauration de l’autonomie gouvernementale des Autochtones, le développement économique des terres de réserves, les possibilités d’accès à l’éducation pour les Autochtones, la survivance de leur culture et de leur langue et enfin le règlement équitable des revendications territoriales qui les opposent depuis longtemps aux gouvernements provincial et fédéral. Dans plusieurs groupes, une tendance accrue vers la revitalisation culturelle se développe, mettant l’accent sur l’éducation, la langue et le savoir traditionnel.