Répartition des peuples autochtones de l’Arctique

Les peuples autochtones au Canada, aussi bien historiques et contemporains, occupent six zones culturelles qui, contrairement aux provinces et territoires, n’ont pas de frontières définitives, mais plutôt floues, soit de conception générale. L’Arctique est l’une de ces zones; les autres sont les Plaines, le Plateau, la région subarctique, la côte Nord-Ouest et les forêts de l’Est.

Nommé « Inuit Nunangat », le territoire inuit comprend les zones côtières et les terres intérieures au nord de la limite forestière. C’est pourquoi les termes « Inuit », un terme générique en soi, et « peuples de l’Arctique » sont considérés des synonymes.

On compte neuf principaux groupes inuit au Canada :

Un dixième groupe, les Sallirmiuts (Sadlermiuts), a disparu.

En 2011, on compte près de 60 000 Inuit au Canada, dont 73 % habitent l’Inuit Nunangat.

Les Inuit ne sont pas les seuls Autochtones du Nord. Dans les zones près de la limite forestière, d’autres peuples autochtones, y compris les Innus, les Dénés et les Cris, ont traditionnellement occupé des environnements similaires (quoique rarement au même moment), et ont chassé et pêché les mêmes espèces de gibier. Ces peuples nordiques ont habité le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut, le Québec et le Labrador.

Géographie et territoire traditionnel

L’Inuit Nunangat comprend quatre régions : l’Inuvialuit (dans le nord des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon), le Nunavut, le Nunavik (dans le nord du Québec) et le Nunatsiavut (dans le nord du Labrador).

Inuit Nunangat.
(avec la permission de Victor Temprano/Native-Land.ca)

L’été, les régions de l’Arctique jouissent de la lumière du jour pendant de longues heures et d’un climat modéré. Les hivers sont longs et froids, et dans les secteurs les plus au nord, le soleil disparaît complètement durant un certain temps au cœur de l’hiver. On peut y observer une couverture végétale continue, particulièrement dans les endroits bien irrigués, mais ce sont les affleurements rocheux et les zones arides dénudées qui prédominent. L’Arctique est tout à fait dépourvu d’arbres, mais des plantes frutescentes y poussent, dont plusieurs variétés à baies comestibles. La topographie est variée, allant des basses terres parsemées de lacs aux régions alpines recouvertes de glaciers.

Société

Les collectivités inuites comptent traditionnellement entre 100 et 1000 membres. Ces bandes régionales sont les plus importantes unités sociales et politiques. Au cours des mois d’hiver, les bandes régionales se rassemblent durant de courtes périodes dans des campements pour la chasse au phoque.

Plusieurs bandes régionales forment ensemble un groupe tribal plus grand, à l’intérieur duquel interviennent les mariages et dont tous les membres parlent un dialecte similaire.

Pendant le reste de l’année, les Inuit vivent en bandes plus petites, souvent formées de deux à cinq familles. Chaque ménage comprend généralement un couple marié et ses enfants, mais peut aussi accueillir des parents âgés ou célibataires. Les ménages participent à plusieurs activités économiques et sociales, et le partage sur une grande échelle demeure une caractéristique prédominante de la vie sociale des Inuit.

La plupart des familles qui choisissent de vivre ensemble sont apparentées, et la direction du groupe est généralement assumée par le membre actif le plus âgé. Toutefois, dans certains groupes, un chef informel, l’isumataaq – généralement un talentueux jeune chasseur et chef –, détient aussi un pouvoir décisionnel sur des questions sociales comme l’adoption et le mariage.

Famille

Le mariage est très répandu chez les Inuit et est habituellement contracté au début de l’âge adulte. Il est de coutume pour un jeune couple de vivre à proximité des parents de l’un des époux. Plusieurs ménages adoptent des enfants, un signe de l’importance accordée aux enfants. L’adoption, les fiançailles, les célébrations de la naissance à l’occasion desquelles un adulte s’engage envers le nouveau-né qui reçoit son nom sont autant d’occasions où les enfants jouent un rôle important dans l’établissement des précieuses relations dans la famille. La famille forme une unité économique importante, fondée sur la répartition des responsabilités entre tous les membres d’un ménage, y compris les enfants et les vieillards.

Plusieurs rituels à signification sociale entourent la naissance à laquelle assiste, outre la sage-femme, un autre adulte dans le rôle de parrain rituel du nouveau-né, qui sera responsable de l’éducation morale de l’enfant dans la société inuite. Tout au long de la vie, on s’adresse à lui en des termes particuliers. Par exemple, selon les dires d’un Netsilingmiut âgé interviewé en 1991 dans le cadre du livre Sinews of Survival (1997), de Betty Issenman, un parrain appelle sa filleule arnaliaq, qui signifie « faire de toi une femme », tandis qu’elle l’appelle sanajiarjuk, soit « cher petit créateur ». Le nom donné à la naissance revêt un sens précis, car chez les Inuit, le nom confère à celui qui le porte une part de son identité et de son caractère.

Les fiançailles des enfants peuvent avoir lieu en tout temps, même avant leur naissance. Les jeunes promis l’un à l’autre s’adressent la parole en observant un rituel particulier, et leurs familles tiennent compte dans leurs rapports mutuels de ces liens futurs. Le mariage, une institution remarquablement stable chez les Inuit, est habituellement précédé d’une période d’union à l’essai. On relève certains cas de polygynie, le fait d’avoir plusieurs femmes, et, plus rarement, de polyandrie, le fait d’avoir plusieurs maris, mais ils constituent l’exception.

Vie traditionnelle

Alimentation et économie

La chasse aux mammifères marins, surtout les phoques, est la base économique de la plupart des groupes inuits. Durant l’été et l’automne, plusieurs groupes chassent le caribou ou se déplacent vers leurs régions côtières de prédilection pour pêcher et chasser diverses espèces de gibier. La pêche et la cueillette (œufs d’oiseaux, crustacés et baies) constituent d’importantes activités saisonnières, tout comme la chasse à l’ours polaire et à la baleine. La nourriture fraîche revêt une grande valeur : les gens préservent et entreposent les aliments pour consommation future. Le séchage et la mise en cache froide sont des pratiques courantes, mais on utilise aussi plusieurs techniques spéciales de conservation, dont l’entreposage dans l’huile.

La technologie traditionnelle se développe autour des matériaux disponibles sur place : os, cornes, andouillers, ivoire, pierres et peaux d’animaux. Dans certaines régions, les gens fabriquent des paniers avec de l’herbe ou des fanons (le matériel utilisé par les baleines pour filtrer le krill et le plancton), ou remplacent le bois ou le cuivre par les andouillers ou les os et les peaux d’oiseaux ou de poissons par les peaux d’animaux. Un bon nombre de leurs inventions sont considérées comme des chefs-d’œuvre de technologie pour leur ingéniosité et la solidité de leur conception, comme l’igloo, la pointe de harpon à cheville et le kayak.

Il va de soi que les lieux des campements sont choisis en fonction des ressources en nourriture disponibles selon les saisons. La composition des campements peut varier périodiquement suivant les besoins et les désirs d’ordre social de se rapprocher de parents vivant ailleurs. Plusieurs techniques de chasse sont plus efficaces lorsque menées de concert par plusieurs chasseurs, comme celles de la chasse au phoque en hiver.

Nombreuses collectivités nordiques contemporaines consomment des produits alimentaires (p. ex., fruits, légumes et lait) qui doivent être transportés sur de longues distances. Par conséquent, ces produits sont plutôt coûteux, limités et médiocres. Heureusement, l’abondance d’aliments traditionnels prélevés dans la nature (p. ex., phoque, caribou, canard, baleine et poisson) allège ces difficultés alimentaires. En 2005, on rapporte que 68 % des Inuit adultes de l’Inuit Nunangat récoltent des aliments traditionnels. (Voir Conditions sociales des Autochtones.)

Transport et habitations

Tous les Inuit se servent de traîneaux et d’embarcations recouvertes de peaux, bien qu’on note des variantes régionales dans leur conception et leur utilisation. Historiquement, on a recours aux chiens pour la chasse, car ceux-ci servent à repérer les trous de respiration des phoques dans la glace marine, à chasser les bœufs musqués et à tenir les ours à distance. L’été, on s’en sert comme bêtes de somme. Les hommes utilisent des kayaks à une place pour chasser les mammifères marins et le caribou dans les lacs et rivières. Sur la mer de Beaufort et le long des côtes de l’Alaska, on se sert d’énormes umiaks recouverts de peaux pour chasser la baleine, bien que dans l’Arctique canadien (et au Groenland), les femmes utilisent surtout de telles embarcations pour le transport des biens du ménage lors d’un déplacement.

La tente, souvent tendue sur un court piquet, est généralement fabriquée de peaux de phoque, et retenue au sol par des pierres. Chez les Kivallirmiuts, la tente est souvent de forme conique et faite de peaux de caribou. Lorsqu’on ne dispose pas de neige pour fabriquer des igloos ou lorsqu’on est trop éloigné des endroits où se trouvent des maisons aux murs de pierre ou de terre, les tentes servent d’abris temporaires.

Les igloos sont de conceptions diverses. Dans les campements d’hiver, la principale pièce de séjour peut être assez vaste, près de 4 m de diamètre et jusqu’à 3 m de hauteur. De plus, les igloos comportent des pièces d’entreposage, un couloir d’entrée et des pièces habitables supplémentaires de chaque côté. Dans certaines régions, on isole les murs avec des peaux de caribou. La plupart des igloos sont dotés d’une surface de couchage en neige durcie et d’une fenêtre (faite de glace transparente tirée d’un lac) pratiquée dans le toit. Des igloos plus petits et plus simples sont encore utilisés lors des déplacements d’hiver.

Dans l’Arctique occidental, on construit des habitations permanentes d’hiver à l’aide de bois de grève. Les fenêtres de ces habitations sont faites de parchemins de peaux d’animal translucide.

Habillement

Les Inuit sont très habiles pour fabriquer des chaussures et des vêtements à partir de peaux d’animaux. Les parkas, les moufles et les bottes sont faits selon un modèle de base, mais les motifs et la technique gardent certaines caractéristiques régionales. La plupart des groupes inuits fabriquent des chaussures avec des peaux de phoque à la fois pour l’hiver et le printemps ou l’été, ces dernières étant parfaitement imperméables. Dans certaines régions, on se sert plutôt de peaux de caribou, tout particulièrement pour les bottes d’hiver.

Le parka est traditionnellement doublé de deux vestes en fourrure de caribou, l’une à l’intérieur et l’autre à l’extérieur. Certains groupes portent les parkas en peaux de phoque du printemps à l’automne, et ceux en peaux de caribou l’hiver. Les vêtements des femmes sont souvent plus élaborés que ceux des hommes : le parka à queue et tablier est muni d’un gros capuchon. Les femmes portent leurs enfants dans un sac sur le dos et non dans le capuchon.

Les femmes portent généralement des bandeaux de cuivre ou d’os. Elles arborent aussi des tatouages sur leur visage et leurs bras; certains hommes en portent aussi sur leur visage et leur corps. Les hommes ont parfois des perçages au visage. Le perçage des oreilles et du nez est pratiqué habituellement par les hommes ainsi que par les femmes.

Culture

Comme dans de nombreuses cultures autochtones, le tambour est un objet culturel sacré chez les Inuit. Il s’agit d’un instrument de musique traditionnel fait d’une membrane de peau tendue sur un cerceau de bois. Chez les Inuit de l’Arctique occidental, plusieurs joueurs de tambour assis accompagnent habituellement un ou plusieurs danseurs, tandis que, dans les régions centrale et orientale, le tambourineur joue seul et ne chante pas.

À la suite de contacts avec les étrangers, on utilise de plus en plus d’autres instruments tels que le concertina, l’accordéon, le violon, l’harmonica, la guimbarde et, plus récemment, la guitare. La danse carrée, souvent exécutée en figures complexes, parfois sans meneur, est demeurée très populaire.

Les jeux vocaux des Inuit, ou chants de gorge, sont pratiqués dans certains groupes, habituellement par deux femmes qui émettent une vaste gamme de sons provenant du fond de la gorge et de la poitrine. Cet art est toujours pratiqué dans l’Arctique.

Les arts décoratifs fabriqués de façon artisanale sont associés à la confection de vêtements en peaux cousues ou à des inscriptions sur les ustensiles. Les innovations récentes dans l’art inuit, comme les sculptures en stéatite, les gravures et les plaques murales, tirent leur origine d’ouvrages traditionnels et font parfois appel à de nouveaux matériaux ou à de nouvelles techniques.

En ce qui concerne les sports et les loisirs, plusieurs Inuit participent à des épreuves physiques qui évaluent leur capacité à donner des coups de pied en hauteur (avec des variantes à un ou deux pieds), à sauter à genoux et bien d’autres prouesses démontrant leur force et leur dextérité. Plusieurs de ces jeux font partie des Jeux d’hiver de l’Arctique, qui ont lieu tous les deux ans dans un nouveau lieu de l’Arctique, dont l’Alaska et le Groenland. Les Jeux attirent des compétiteurs de tout l’Inuit Nunangat et ceux d’autres régions arctiques.

Changements culturels

Les contacts avec les étrangers entraînent bien des changements dans la culture et la société inuites. L’adoption rapide des outils en fer, des armes à feu, des tissus et des bateaux en bois modifie ou remplace certains articles d’usage courant. La propagation du christianisme se traduit par la perte de plusieurs pratiques et idéologies religieuses traditionnelles, et la loi canadienne se superpose au droit coutumier pour ce qui est du mariage, du règlement de différends et de la gestion de la faune (voir Droits des Autochtones). Même la langue évolue : l’inuktitut écrit, par exemple, utilise les chiffres arabes, les mêmes chiffres que l’anglais et le français, à côté de l’écriture syllabique.

Bien des éléments utilisés traditionnellement par les Inuit sont toujours utilisés par tous les peuples de l’Arctique. Parmi ceux-ci, on compte les harpons servant à la chasse aux mammifères marins, les bottes en peaux de phoque et les parkas en peaux de caribou pour la chasse d’hiver, les igloos, les traîneaux utilisés pour voyager en hiver, les techniques de préparation des peaux et la confection de vêtements en peaux.

De même, des éléments importants du système de valeurs des Inuit ont aussi résisté au changement : le mode traditionnel d’éducation des enfants, la préservation de l’environnement, la survivance de la langue et de la culture inuites et le respect de l’autonomie de l’individu (voir Coopératives inuites).

Religion et spiritualité

Avant l’arrivée des Européens, les chefs religieux des Inuit étaient les chamans, dont la formation était longue et ardue. Les chamans étaient les intermédiaires entre les Inuit et les différentes forces spirituelles qui influencent les affaires humaines. La vie des Inuit exigeait la stricte observance de diverses interdictions et de règles de conduite, et le rôle du chaman était d’identifier les malfaiteurs et de déterminer la forme d’expiation appropriée (voir Autochtones : religion et spiritualité).

Les premiers missionnaires jouent un rôle semblable, mais ils introduisent plusieurs nouvelles règles et interdictions et imposent une pénitence à ceux qui ont péché. Au 20e siècle, de nombreux Inuit embrassent le christianisme en réponse aux efforts intensifs des missionnaires, et un grand nombre de communautés sont maintenant desservies par des ecclésiastiques ou des catéchistes inuits.

La mythologie inuite, un système basé sur les traditions orales et utilisé pour expliquer et enseigner la vie quotidienne, connaît un retour en force comme vecteur de la vitalité culturelle. Des programmes existent pour soutenir les traditions orales et encourager l’interaction avec les histoires traditionnelles par l’entremise des jeunes et des aînés. L’éducation des jeunes Inuit est fondée sur l’exemple donné par les adultes avec qui ils vivent en rapport étroit. Bon nombre des croyances et des valeurs de la société s’illustrent implicitement par le comportement. Ainsi, le constant partage de la nourriture et d’autres biens est une manifestation de la valeur de la générosité et de la coopération, et un rejet de l’avarice, de la gourmandise et de l’égoïsme. Les aînés donnent plus de poids à cette morale en l’illustrant par des histoires qu’ils prennent plaisir à raconter, particulièrement aux enfants.

Langue inuite

Les Inuit du Canada parlent traditionnellement l’inuktitut, qui se décline en plusieurs dialectes différents (voir Langues autochtones au Canada). Toutefois, avec l’amélioration des moyens de transport et la diffusion d’émissions de radio et de télévision en langue inuite, les différences linguistiques s’atténuent (voir Communications dans le Nord et Médias des Autochtones). Les Inuit n’avaient pas de langue écrite. Ils adoptent largement l’écriture après l’arrivée des missionnaires.

Au recensement de 2011, 34 110 personnes déclarent l’inuktitut comme langue maternelle, dont 63,1 % habitent au Nunavut et 32,3 % au Québec. Dans la plupart des collectivités du Québec et du Nunavut oriental, plus de 90 % de la population déclarent l’inuktitut comme première langue, à l’exception d’Iqaluit, qui affiche seulement 46,6 %. Les taux sont considérablement bas au Labrador : par exemple, on parle de 36 % à Nain et de seulement 5 % à Rigolet.

Contact avec les Européens et colonisation

Il existe dans l’Arctique des signes de colonisation par des voyageurs norois au 14e siècle (voir Expéditions vikings). Cependant, les premiers contacts suivis avec des étrangers ont lieu à la fin du 18e siècle entre des missionnaires moraves et des Inuit du Labrador (voir Missions moraves au Labrador).

Des liens commerciaux passagers sont créés dans quelques autres endroits de l’Arctique, mais la plupart des contacts n’ont lieu que près d’un siècle plus tard. Durant la seconde moitié du 19e siècle, des explorateurs et des chasseurs commerciaux de baleines apportent diverses marchandises aux Inuit, mais des postes de traite plus ou moins permanents ne sont installés dans les régions arctiques qu’après la fin de la chasse commerciale à la baleine, en 1910.

Les Inuit sont largement ignorés par le gouvernement fédéral jusqu’en 1939, époque où l’on considère qu’ils sont de la responsabilité du gouvernement. Durant la Deuxième Guerre mondiale, ils se font attribuer une plaque d’identification au lieu d’un nom pour faciliter l’administration au gouvernement (voir Projet Noms de famille). Après la guerre, les activités du gouvernement s’intensifient. En effet, celui-ci construit des écoles, des postes de soins infirmiers, des aéroports et des installations de communication, et lance des programmes de construction de logements dans les nouveaux hameaux et établissements. Ces impositions sont à la source de nombreuses tensions culturelles, puisque plusieurs Inuit sont délocalisés de force dans des endroits qu’ils ne connaissent pas.

Organisations politiques

Au début des années 1970, une organisation nationale, l’Inuit Tapirisat du Canada (aujourd’hui Inuit Tapiriit Kanatami), est mise sur pied pour protéger les droits individuels et culturels des Inuit. L’organisation crée plusieurs organismes en réponse aux besoins exprimés. On demande, par exemple, à la Commission de la langue inuite de trouver des moyens d’accroître l’utilisation de l’inuktitut dans les activités gouvernementales, le secteur de l’éducation et les communications. On crée aussi un bureau des revendications territoriales pour mener des recherches et des négociations sur les revendications territoriales des Inuit.

Plusieurs de ces questions, comme la protection de l’environnement arctique, sont de portée internationale. C’est pourquoi on forme une organisation inuite internationale, la Conférence circumpolaire inuite, dotée de comités responsables de renforcer les communications et les initiatives artistiques et culturelles dans toute la communauté inuite, ainsi que la coopération internationale dans la protection de l’environnement. Cette organisation est affiliée à de nombreux organismes internationaux, y compris l’Organisation des Nations Unies, ce qui garantit que les préoccupations des Inuit sont entendues dans le monde entier.

Vie contemporaine

Profondément atteintes par les conséquences persistantes de la colonisation, beaucoup de collectivités sont confrontées à des défis socioéconomiques de taille. Parmi ceux-ci, on note la surpopulation, la pénurie alimentaire, les maladies chroniques et le haut taux de suicide chez les jeunes. (Voir Conditions sociales des Autochtones et Autochtones : conditions économiques.)

Un sondage de 2006 révèle que, dans l’Inuit Nunangat, plus de 15 000 Inuit vivent dans des milieux surpeuplés et qu’il y aurait probablement plus d’une famille par résidence. Les piètres conditions de vie et le manque d’accès aux soins de santé contribuent partiellement à une augmentation d’incidences de maladies chroniques, comme l’obésité, le diabète et les infections des voies respiratoires. Le taux de suicide chez les jeunes Inuit est nettement plus élevé que pour le reste du Canada, faisant de la prévention du suicide une grande priorité dans la poursuite de la croissance culturelle. (Voir Suicide chez les Autochtones au Canada.)

Malgré ces défis, les Inuit au Canada peuvent se vanter de nombreux accomplissements dans divers domaines, notablement l’obtention de leur autonomie gouvernementale et la création du Nunavut. Les Inuit sont aussi très actifs dans les discussions entourant la politique environnementale, les entreprises et l’éducation dans le Nord, et la revitalisation de leur culture et leur langue.