Atikamekw (Tête-de-Boule). Vers 1972, les cris vivant dans la région du Bouclier, sur le cours supérieur de la rivière Saint-Maurice, au Québec, décident de reprendre le nom « Atikamekw» (poisson blanc) utilisé par leurs prédécesseurs au XVIIe siècle et d'abandonner le nom « Tête-de-Boule », d'origine incertaine, qui leur avait été attribué à partir de 1697. Ce changement de nom ne suppose pas nécessairement qu'il existe une étroite relation ethnique entre les Attikameks du XVIIe siècle et ceux d'aujourd'hui.

À la suite de divers bouleversements sociaux liés aux épidémies survenues à l'époque du contact avec les Européens et aux violentes guerres Iroquoises qui sévissent dans ces régions au milieu du XVIIe siècle, une réorganisation complète est effectuée parmi les chasseurs nomades du Québec et divers groupes qui, distincts jusque là, commencent à se rassembler en bande. Il est connu que les frontières ethniques sont restées relativement flexibles au cours des années, et que les Atikamekw d'aujourd'hui se découvrent des liens généalogiques avec plusieurs groupes voisins.

Bien que ce peuple ait compté entre 500 et 550 personnes au milieu du XVIIe siècle, en 1850, il ne reste que quelque 150 personnes disséminées sur 7000 km2 et réparties dans deux bandes principales, les Kikendatchs et les Weymontachies. La band Manouane apparaît un peu plus tard, vers 1865-1875, en tant que branche des Weymontachies.

Conditions économiques
Au cours des siècles, les Atikamekw de la région de la Saint-Maurice mènent une vie rude, chassant, pêchant, piégeant et cueillant des baies sauvages à proximité des postes de traite installés dans leur région à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècles. Leur priorité consiste à maintenir l'autonomie de chaque famille nucléaire, mais les familles s'organisent en petites coopératives l'hiver ou en groupes de chasse, avec un chef d'expérience à leur tête. Leurs activités économiques consistent en un compromis entre les activités saisonnières traditionnelles et la dépendance économique de la Traite des fourrures.

Malgré une longue tradition de participation à la traite des fourrures, les contacts permanents avec les missionnaires n'ont lieu qu'à partir des années 1837. Après 1830, les terres ancestrales des Atikamekw sont extrêmement convoitées par les négociants en bois. En 1910, le chemin de fer atteint les Weymontachies, et l'aménagement des rivières Saint-Maurice et Manouane ajoute aux pressions sociales et modifie l'environnement. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, on voit apparaître une classe de salariés qui bénéficient de prestations sociales.

Actuellement
En 1996, les 1747 Atikamekw inscrits dans la région de la Saint-Maurice luttent pour conserver leur autonomie culturelle traditionnelle et un rôle dans la société, égal à celui des non-autochtones du Québec. Depuis 1975, ils se sont joints aux Innus (Montagnais-Naskapis) pour former le Conseil Atikamekw-Montagnais.

Voir aussi Autochtones : La région subarctique.