Contexte historique

La plupart des collections ethnologiques se rapportant aux Autochtones que l’on trouve de nos jours dans les musées canadiens ont été assemblées (et parfois confisquées) par les missionnaires, les agents du gouvernement, les collectionneurs amateurs et professionnels et des anthropologues comme Edward Sapir et Marius Barbeau à la fin du 19e et au début du 20e siècle. À cette époque, on croyait que la culture autochtone était sur le point de disparaître. Ces collections, qui comprennent des milliers d’objets sacrés, cérémoniels ou d’utilisation courante, des squelettes ancestraux et des objets funéraires, devaient permettre aux générations futures d’anthropologues et d’étudiants d’étudier les cultures autochtones traditionnelles.

Réaction des Autochtones

Les Autochtones se disent privés de leur patrimoine meuble culturel, disséminé au Musée canadien de l’histoire et dans divers musées provinciaux tels que le Musée royal de l’Ontario, le Glenbow Museum et le Musée d’anthropologie de l’Université de la Colombie-Britannique. De nombreux groupes demandent que ces objets soient retournés à leurs propriétaires.

Bien qu’il n’existe aucune loi canadienne pour mettre en œuvre le rapatriement des artefacts, les musées examinent actuellement une à une les demandes. Ils prennent en considération aussi bien la légalité de la possession et la signification cérémonielle des objets pour la communauté que leur état physique ou de conservation. Parfois, le rapatriement pose des problèmes d’ordre pratique, par exemple lorsque les communautés n’ont pas les installations ou le personnel qualifié pour assurer la gestion, la conservation ou l’utilisation des objets. Les musées peuvent agir à titre de gardiens des collections au nom de leurs propriétaires traditionnels. Toutefois, nombreux sont ceux qui considèrent le rapatriement des objets culturels comme une étape nécessaire pour concrétiser la réconciliation et la décolonisation.

Revendications fructueuses

De nombreux artefacts ont été restitués aux peuples autochtones. En 1978, le Musée canadien de la civilisation (maintenant le Musée canadien de l’histoire) a rendu aux peuples d’Alert Bay et de Cape Mudge des objets confisqués lors d’un potlatch. Le musée a également restitué la bourse sacrée Starlight aux Tsuut’ínà (Sarsis) d’Alberta en 1989 et les ceintures wampum à la Confédération des Six-Nations (le bandeau de la Ligue, le wampum du chef mohawk et un wampum sénéca appelé Les Trois Sœurs) en 1991. Dix ans plus tard, le musée a adopté une politique écrite sur le rapatriement (voir Politique de musée). Plusieurs autres musées partout au pays ont élaboré ou élaborent également des principes ou des politiques en matière de rapatriement.

Le sujet du rapatriement d’artefacts est maintenant utilisé couramment dans les revendications territoriales au Canada. Ces accords de principe décrivent habituellement les responsabilités du gouvernement en vue d’aider les Premières nations à rapatrier les artefacts sur leurs territoires. L’accord de principe de Nisga’a (1999) a été le premier à inclure des dispositions importantes aux fins de rapatriement. Les Nisga’a ont négocié le rapatriement de 200 artefacts du Musée canadien des civilisations et du musée royal de la Colombie-Britannique. L’Accord de principe sur les revendications territoriales des Inuit du Labrador (2005) permet également le rapatriement de près de 80 artefacts du Musée canadien des civilisations. Plusieurs Premières nations établissent leurs propres installations pour la sauvegarde et l’exposition d’objets rapatriés.

En mars 2017, le gouvernement canadien accepte de restituer au Ralliement national des Métis de nombreux objets personnels ayant appartenu à Louis Riel, dont son crucifix, ses poèmes et ses vêtements.