Sir Adams George Archibald, Père de la Confédération, lieutenant-gouverneur du Manitoba et des Territoires du Nord-Ouest (1870-1872) et de la Nouvelle-Écosse (1873-1883), politicien et avocat (né le 18 mai 1814 à Truro, en Nouvelle-Écosse; décédé le 14 décembre 1892 à Truro).

Adams George Archibald était un fervent partisan de la Confédération et a encouragé la Nouvelle-Écosse à s’y joindre. À titre de lieutenant-gouverneur du Manitoba et des Territoires du Nord-Ouest, il a contribué à jeter les bases d’institutions civiles comme les tribunaux et le système d’éducation de la province naissante.

Éducation et début de carrière

Adams George Archibald naît à Truro, en Nouvelle-Écosse. Il étudie à la Pictou Academy, une école non confessionnelle spécialisée en sciences libérales. Il étudie les sciences avec Thomas McCulloch, professeur et théologien parmi les plus réputés des Maritimes. Jeune adulte, il déménage à Halifax pour y étudier la médecine, mais il change rapidement de cap pour devenir avocat. Il devient notaire public en 1836, puis est admis au Barreau de l’Île-du-Prince-Édouard (1838) et de la Nouvelle-Écosse (1839). Il ouvre un cabinet d’avocats à Truro et cherche à faire carrière en politique. Il devient juge de paix en 1836, puis juge en 1848. En 1849, il est responsable de superviser la construction du télégraphe qui relie Halifax au Nouveau-Brunswick.

Il épouse Elizabeth Burnyeat en 1843. Trois filles et un garçon naissent de leur union.

Carrière politique

En 1851, Adams George Archibald met de côté sa carrière en droit pour se lancer en politique. Il remporte le comté de Colchester sous la bannière du Parti réformiste de Joseph Howe (qui deviendra le Parti libéral). Six autres membres de la famille Archibald avaient auparavant été députés à la Chambre d’assemblée de la Nouvelle-Écosse.

Contrairement à nombre de ses collègues, Adams George Archibald parle calmement lors des assemblées. Pour faire valoir son point de vue, il fait appel à des arguments solides, et non à des interventions théâtrales.

Ses prises de position divergent parfois de celles du Parti libéral. Contrairement à Joseph Howe et à d’autres libéraux, il appuie une entente de réciprocité avec les États-Unis. En 1851, il s’oppose à la tentative du parti de modifier les critères pour l’inscription sur la liste électorale, préférant l’exigence voulant qu’un homme possède une propriété ou des actifs valant au moins 40 shillings pour avoir le droit de voter.

En 1854, Adams George Archibald s’oppose au projet de suffrage universel masculin déposé par le chef du Parti conservateur James William Johnston. La même année, la Nouvelle-Écosse devient la première colonie britannique nord-américaine à instaurer le suffrage universel masculin (qui exclut toutefois les hommes autochtones et les personnes qui « reçoivent de l’aide financière du gouvernement »). En 1863, Adams George Archibald présente une motion pour rétablir l’exigence de propriété pour le droit de vote, qui n’est toutefois pas adoptée.

Après avoir été solliciteur général (1856-1857) et procureur général (1860-1863) de l’Assemblée de la Nouvelle-Écosse, il succède à Joseph Howe à titre de chef du Parti libéral de la province en 1863. Pendant qu’il siège dans l’opposition, il appuie le projet de scolarité gratuite et obligatoire du premier ministre conservateur Charles Tupper. (Adams George Archibald avait participé à la fondation d’une école normale à Truro en 1854 et était fermement convaincu de la valeur de l’éducation.)

Confédération

Adams George Archibald est un fervent partisan de la Confédération. À l’invitation de Charles Tupper, il participe à la Conférence de Charlottetown en septembre 1864, où l’idée est lancée aux colonies des Maritimes. Le mois suivant, il participe à la Conférence de Québec. À titre d’expert en finances de la délégation de la Nouvelle-Écosse, il tente de convaincre les Néo-Écossais du bien-fondé des Résolutions de Québec. Il est le seul libéral de la Chambre d’assemblée à appuyer les Résolutions. Il croit fermement que les Assemblées législatives provinciales doivent rester en place après la Confédération. Les Résolutions prônent une union fédérale au sein de laquelle les intérêts des régions et des populations minoritaires peuvent être défendus. Plus tard, il participe à la Conférence de Londres (décembre 1866).

En 1866, Adams George Archibald défend publiquement le projet de Confédération contre les attaques de Joseph Howe et de William Annand, principaux opposants au projet en Nouvelle-Écosse. Il n’est pas en accord avec toutes les dispositions financières de l’union, mais il plaide devant l’Assemblée que la province sera en mesure d’obtenir des concessions du gouvernement fédéral une fois que la Confédération aura vu le jour.

Ses contributions à la Confédération sont reconnues en 1867 lorsqu’il est nommé secrétaire d’État au sein du Cabinet fédéral de sir John A. Macdonald. Il perd son siège aux mains de l’anticonfédératif Archibald McLelan lors de l’élection de 1867 et démissionne lors de la vague d’opposition néo-écossaise à la Confédération. Il conserve toutefois son portefeuille jusqu’en avril 1868.

Lorsque Joseph Howe se joint au gouvernement de John A. Macdonald en 1869, l’opinion publique en Nouvelle-Écosse au sujet de la Confédération change. Adams George Archibald remporte le siège fédéral du comté de Colchester lors d’une élection complémentaire tenue en 1869 à la suite de la nomination d’Archibald McLelan au Sénat.

Voir aussi La Nouvelle-Écosse et la Confédération.

Lieutenant-gouverneur du Manitoba

Adams George Archibald intervient souvent à la Chambre des communes pendant les débats sur le projet de loi du Manitoba, qui vise à intégrer le territoire nouvellement acquis au Canada. En 1870, il est nommé lieutenant-gouverneur du Manitoba et des Territoires du Nord-Ouest. Il accepte le poste à condition d’être nommé à la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse à la fin de son mandat.

Pendant son bref mandat (1870-1872), Adams George Archibald agit de facto à titre de premier ministre du Manitoba et jette les bases de bon nombre d’institutions civiles prévues par la Loi sur le Manitoba. Il met en place les limites des circonscriptions électorales établies (1870), les tribunaux (1871) et le système d’éducation (1871). De plus, en 1871, il négocie les Traités no 1 et 2 avec les Premières Nations vivant sur le territoire qui occupe aujourd’hui le sud du Manitoba.

Au cours de son mandat de lieutenant-gouverneur, le pays vit sous la menace des fenians. Puisqu’il craint une invasion des fenians au Manitoba, Adams George Archibald demande au gouvernement fédéral d’envoyer des troupes, mais il essuie un refus. Il met donc sur pied un groupe de 100 militaires et de 70 policiers responsables de défendre la nouvelle province. Un petit groupe de fenians arrive au Manitoba en octobre 1871, mais échoue sans intervention militaire. Des combattants métis capturent les chefs fenians et les escortent vers les États-Unis. Avant d’être mis au courant de la défaite des fenians, Adams George Archibald rencontre les chefs métis pour consolider la résistance contre toute attaque future des fenians. Au cours de cette rencontre, il aurait serré la main de Louis Riel. Toutefois, certains soutiennent qu’Adams George Archibald ne savait pas que Louis Riel était présent. Cette rencontre crée des remous en Ontario, ce à quoi il répond : « Alors que le pays était en danger, ce n’était, à mon avis, pas le moment de demander les antécédents de toute personne prête à se battre contre les fenians ni de refuser toute aide offerte. »

Fin de carrière

En 1873, Adams George Archibald devient juge en Nouvelle-Écosse. Il démissionne quelques semaines plus tard lorsqu’il est nommé lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse. Il demeure en poste jusqu’en 1883.

En 1878, Adams George Archibald cofonde la Nova Scotia Historical Society. Il en devient le président en 1886. La même année, il s’engage dans une controverse à propos de la représentation historique de la déportation des Acadiens de 1755. Adams George Archibald écrit deux articles dans lesquels il avance que les mesures prises par les Britanniques étaient justifiées, et que toute maltraitance des Acadiens résultait des actes du clergé et du gouvernement français. Il défend aussi les documents qu’il choisit sur la déportation des Acadiens dans l’article Selections from the Public Documents of the Province of Nova Scotia (1869). L’éditeur Thomas B. Akins, qui est aussi le commissaire provincial des archives, avait été accusé d’avoir supprimé des documents qui dépeignaient favorablement les Acadiens.

En 1888, Adams George Archibald revient en politique. Il remporte le comté de Colchester sous la bannière conservatrice. Son état de santé l’empêche de se porter à nouveau candidat lors de l’élection de 1891. Il s’éteint le 14 décembre 1892.

Héritage

Sir Adams George Archibald a joué un rôle important dans l’entrée de la Nouvelle-Écosse dans la Confédération. Il a aussi participé à l’entrée du Manitoba dans la Confédération lorsqu’il était ministre du Cabinet fédéral, puis a jeté les bases de plusieurs institutions publiques de la province lorsqu’il en était le lieutenant-gouverneur.