Arbour, Louise

 Louise Arbour, juge (Montréal, 10 février 1947). Après des études au collège catholique pour jeunes filles Regina Assumpta de Montréal, elle obtient un diplôme en droit avec distinction en 1970 à l'Université de Montréal. En 1971, elle travaille comme clerc auprès du juge Louis-Philippe Pigeon de la Cour suprême du Canada. En 1972-1973, elle est chargée de recherche à la Commission de réforme du droit au Canada. De 1974 à 1987, elle enseigne le droit à Osgoode Hall, l'École de droit de l'Université York, où elle devient adjointe au doyen au cours de sa dernière année. De 1985 à 1987, vice-présidente de l'Association canadienne des libertés civiles, elle représente l'association dans des causes où elle conteste la loi qui protège les victimes de viol, contre les révélations de leur passé sexuel.

Louise Arbour est nommée à la Cour suprême de l'Ontario (Haute Cour de justice) en 1987 et y siège jusqu'en 1990, année où elle est promue à la Cour d'appel de l'Ontario. En 1995-1996, elle dirige une enquête difficile sur les conditions prévalant à la Prison des femmes de Kingston (Ont). Au cours des trois années suivantes, elle remplira la fonction très en vue de procureur en chef du Tribunal pénal international de La Haye mis en place par les Nations Unies pour juger les crimes commis dans l'ancienne Yougoslavie et au Rwanda. De 1996 à 1999, elle exercera ses fonctions avec dynamisme sur la scène internationale, oeuvrant à la construction de ce qu'elle appelle une «agence de mise en application de la loi» pour les droits humains. Elle obtient la première condamnation pour génocide depuis la Convention de 1948 sur le génocide, dans le cas du Rwanda; et la première mise en accusation de tous les temps d'un chef d'État européen en fonction pour crimes de guerre, dans le cas du président serbe Slobodan Milosevic.

Le 10 juin 1999, considérant qu'elle avait accompli le maximum de ce qu'elle pouvait au sein d'une communauté internationale réticente et plus portée à discourir sur les droits humains qu'à agir, elle accepte sa nomination à la Cour suprême du Canada faite par le premier ministre Jean CHRÉTIEN. Le 30 juin 2004, elle prendra sa retraite pour accepter un poste de Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.