Angèle Arsenault, O.C., O.P.E.I., chanteuse, auteure-compositrice, pianiste, guitariste, actrice et communicatrice (née le 1er octobre 1943 à Abrams-Village, à l’Île-du-Prince-Édouard, décédée le 25 février 2014 à Saint-Sauveur, au Québec). D’origine acadienne, Angèle Arsenault était une auteure-compositrice pionnière. Elle a remporté un prix Félix en 1979 pour les plus de 200 000 exemplaires vendus de son microsillon Libre (1977). Elle était réputée pour ses mélodies accrocheuses et enjouées, ses commentaires sociaux ludiques et son humour unique. Elle était sans doute mieux connue pour ses chansons « Évangéline, Acadian Queen », « Je veux toute toute toute la vivre ma vie » et l’hymne acadien « Grand-Pré ». Officière de l’Ordre du Canada et membre de l’Ordre de l’Île-du-Prince-Édouard, elle a reçu l’Ordre de la Pléiade, remis par l’Assemblée parlementaire de la francophonie, en reconnaissance de son rôle dans la promotion de la langue et de la culture françaises.

Éducation et début de carrière

La 8e de 14 enfants dans une famille acadienne de musiciens, Angèle Arsenault remporte, à 14 ans, un concours télévisé de chant à Charlottetown. En 1963, alors qu’elle étudie au premier cycle à l’Université de Moncton, elle fait ses premiers pas sur scène à Moncton et à Québec en s’accompagnant à la guitare et au piano. Elle commence à collectionner et à changer des chansons acadiennes traditionnelles, et obtient une maîtrise en littérature de l’Université Laval en 1968. Elle se produit dans des boîtes à chanson, à la radio, à la télévision et part en tournée à travers le Canada à plusieurs reprises. En 1973, l’imprésario Lise Aubut l’encourage à écrire et à chanter ses chansons en anglais et en français. En 1974, elle cofonde la Société de production et de programmation de spectacles avec Lise Aubut et les chanteuses Édith Butler et Jacqueline Lemay.

Faits saillants en carrière

Après s’être produite dans de nombreux festivals folk et en avoir animé plusieurs, notamment le Mariposa, Angèle Arsenault lance son premier album, Première (1975), suivi d’Angèle Arsenault (1976), son premier et unique album en anglais. De Libre (1977), son deuxième album en français, émergent deux chansons à succès : « Je veux toute toute toute la vivre ma vie » et la chanson humoristique « Moi j’mange ». S’ensuivent des apparitions à la télévision et des spectacles à la Place des Arts, à Montréal. En 1977, elle lance C’est la récréation en compagnie d’Édith Butler et de Jacqueline Lemay. En 1979, Libre est certifié double platine au Canada (plus de 200 000 exemplaires vendus) et remporte le prix Félix du microsillon le plus vendu.

Son album suivant, Y’a une étoile pour vous (1979), est certifié or au Canada (plus de 50 000 exemplaires vendus). Suivent Chanter dans le soleil (1980), Paniquez pas pour rien (1982) et le disque de Noël XXX (1983). En 1980, elle représente le Canada au Festival de Spa, en Belgique, puis part en tournée au Canada et au Québec. Après une brève pause, elle remonte sur scène en 1988, et se produit en Normandie, en Bretagne et en Poitou en 1990.

Dix ans après la sortie de son dernier album, Angèle Arsenault lance Bonjour Madame Bolduc (1993), d’après la pièce de théâtre qui avait été présentée au Canada et en France, et Transparente (1994), qui comprend « Papa Arthur », la chanson complexe et ironique « Évangéline, Acadian Queen » et l’hymne acadien « Grand-Pré ». Ces deux œuvres, surtout Transparente, sont de style plus naturel que ses œuvres précédentes, tout en préservant sa vitalité et son humour caractéristique. En 1995, elle lance une compilation de ses plus grands succès, J’ai vécu bien des années.

Angèle Arsenault réside à Montréal pendant la majeure partie de sa carrière, mais elle retourne à l’Île-du-Prince-Édouard en 1996 pour prendre soin de sa mère. Elle lance Amour, un album pour enfants, en 1999. Elle retourne vivre au Québec en 2012. En mai 2013, elle participe au spectacle Le retour de nos idoles au Capitole de Québec en compagnie d’artistes tels que Michel Fugain et Jean-Pierre Ferland. Elle se produit à plusieurs reprises au Festival acadien de la région Évangéline, tenu dans son village natal, Abram-Village, notamment lors d’un spectacle en compagnie de sa famille à l’été 2013. En 2014, à l’occasion des célébrations soulignant le 150e anniversaire de la Conférence de Charlottetown, elle traduit en français le thème musical « Forever Strong », qui devient « Île au trésor », et participe à une tournée pancanadienne.

Carrière d’actrice et de communicatrice

Grâce à sa joie de vivre et à son assurance bon-enfant, Angèle Arsenault a un talent naturel pour l’animation à la radio et à la télévision. À TVOntario, elle anime True North (1973-1975), avec Roy Payne, et l’émission éducative Avec Angèle, qui remporte un prix Hugo d’or au Festival international du film de Chicago en 1974. Elle anime les émissions de télévision Angèle (1980), à Radio-Canada Atlantique, Le Radio-café Provigo (1986-1988), pour Radiomutuel, Mes Noëls en Acadie (1988), à Radio-Canada, et l’émission du matin de Radio-Canada Moncton (1989). Elle est aussi la correspondante à Charlottetown pour l’émission PassepArt, de Téléfilm Canada.

Elle joue dans Le temps de l’avant (1975), d’Anne-Claire Poirier, l’adaptation de Maria Chapdelaine de Gille Carle (1983) et la populaire minisérie télévisée Au nom du père et du fils (1993). De plus, elle participe aux émissions jeunesse Alphabus et Sesame Street. Au milieu des années 1980, elle apparaît aussi dans des publicités pour le shortening Crisco, qui met à profit sa joie de vivre et son humour au son de sa chanson « Moi j’mange ».

Héritage

Dans La Presse du 2 décembre 1978, Pierre Beaulieu décrit l’art d’Angèle Arsenault ainsi : « Angèle Arsenault dénonce le statut de la femme, exige la liberté pour tous et attaque la société de consommation, mais elle fait toujours avec humour et optimisme au son de mélodies rythmées ancrées dans la musique folk et country et accompagnée simplement et efficacement. » À la suite de son décès, Robert Ghiz, premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, témoigne que « Cette femme au talent incroyable a laissé une marque indélébile à l’Île-du-Prince-Édouard, tout particulièrement dans les communautés acadienne et francophone de l’île. »

Voir aussi Musique de l’Acadie, Évangéline, Madame Bolduc

Prix

Microsillon le plus vendu (Libre), prix Félix (1979)

Grade honorifique, Université de l’Île-du-Prince-Édouard (1999)

Femme de l’année, Zonta International (2000)

Membre, Ordre du Canada (2000)

Médaille du jubilé d’or, Gouverneur général du Canada (2002)

Membre, Ordre de l’Île-du-Prince-Édouard (2005)

Médaille du jubilé de diamant, Gouverneur général du Canada (2012)