Andrew Archibald Macdonald, Père de la Confédération, politicien, entrepreneur (né le 14 février 1829 à Brudenell Point, en Île-du-Prince-Édouard; décédé le 21 mars 1912, à Ottawa, en Ontario). Il était l’un des délégués de l’Île-du-Prince-Édouard aux Conférences de Charlottetown et de Québec, qui ont précédé la Confédération. Bien qu’au début il s’oppose à l’union fédérale, il change d’avis après que l’Île ait fait face à la faillite en raison des dettes encourues pour construire ses chemins de fer. Par la suite, Andrew Archibald Macdonald appuie l’entrée de l’Île-du-Prince-Édouard dans la Confédération, en tant que septième province du Canada, en 1873.

Enfance

Andrew Archibald Macdonald vient d’une famille aisée dans la partie centrale du comté de Kings, en Île-du-Prince-Édouard. Son grand-père, qui porte aussi le prénom Andrew, émigre de l’Écosse en 1806 et achète 10 000 acres de terre dans la région Three Rivers de l’est de l’Île-du-Prince-Édouard, et sur l’île Panmure, où il s’établit avec sa famille. Il fonde une entreprise de construction navale et de bois d’œuvre dans le port de Georgetown, qu’il transmettra à ses fils, Hugh et Angus (le père et l’oncle d’Andrew Archibald Macdonald, respectivement).

Hormis une courte période pendant laquelle il fréquente une école secondaire à Georgetown, Andrew Archibald Macdonald reçoit une éducation privée. En 1844, il quitte l’école pour travailler dans le magasin de son cousin à Georgetown. Il achète celui-ci après la mort de son cousin, en 1851, et amène ses deux frères à y travailler avec lui. Ils exploitent l’entreprise sous le nom A. A. Macdonald and Bros. (A. A. Macdonald et frères). Selon le Conseil des archives de l’Île-du-Prince-Édouard, « Andrew A. et ses frères ont exploité une entreprise commerçante qui importe des produits manufacturés pour vente dans leurs magasins à Georgetown et à Montague Bridge, et qui exporte des céréales, des pommes de terre et du bois vers la Nouvelle-Angleterre, Terre‑Neuve et la Grande-Bretagne. À cette époque, l’entreprise exerce aussi des activités de construction navale et de pêche au maquereau. »

En 1863, Andrew Archibald Macdonald épouse Elizabeth Lee Owen. Le père de celle-ci, Thomas Owen, est le premier ministre des Postes de l’Île-du-Prince-Édouard. Ils auront quatre fils. Leur mariage est inhabituel pour cette époque en ce que M. Macdonald est catholique romain, tandis que sa femme appartient à l’Église anglicane. Or, il y a très peu de mariages entre les membres de ces deux Églises en Île-du-Prince-Édouard au XIXe siècle.

Carrière politique

Andrew Archibald Macdonald entre en politique sur l’Île-du-Prince-Édouard, comme son père et son oncle, auparavant. En juin 1854, à 25 ans, il remporte un siège à la Chambre d’assemblée de l’Île-du-Prince-Édouard pour le Parti libéral, représentant Georgetown. Pendant son mandat à la Chambre, il présente des arguments concis et raisonnés, et exprime le vif désir de suivre les intérêts de ses électeurs. Il est en faveur d’une réforme foncière paisible pour mettre finalement fin au système de tenure à bail de l’Île qui concentre la propriété foncière entre les mains d’un petit nombre de familles nanties (voir Question des terres de l’Île-du-Prince-Édouard).

Un certain nombre d’échecs électoraux, en particulier lors des amères élections anticatholiques de 1863, mettent la persévérance d’Andrew Archibald Macdonald à l’épreuve, mais il retourne au Conseil législatif pour devenir chef de l’opposition en 1864. En 1867, il devient membre du Conseil exécutif, jusqu’en 1873.

Confédération

Andrew Archibald Macdonald est l’un des cinq délégués de l’Île-du-Prince-Édouard à la Conférence de Charlottetown et l’un de sept représentants à la Conférence de Québec en 1864. L’historien G. Edward MacDonald suggère que « hormis sa suggestion originale que chaque province ait une représentation égale dans le Sénat proposé, il joue un rôle mineur dans les discussions. » Par contre, Andrew Archibald Macdonald conserve des procès-verbaux abrégés non officiels des réunions. Ceux-ci captent les intérêts souvent conflictuels des différents délégués régionaux. Par exemple, M. Macdonald note, lors de la Conférence de Québec, que le délégué terre-neuvien, Frederic Carter, exprime l’espoir que la Confédération dissuade les riches marchands de poisson de « prendre leur retraite dans leur pays d’origine, pour y dépenser leur fortune. »

Vers la fin de la Conférence de Québec, Andrew Archibald Macdonald change d’avis concernant la Confédération. Il argumente que l’Île-du-Prince-Édouard ne profiterait pas de l’union, puisqu’elle serait taxée à la fois aux niveaux fédéral et provincial.

Cependant, lorsque les dettes encourues par la colonie pour construire ses chemins de fer deviennent insurmontables au début des années 1870, Andrew Archibald Macdonald fait volte-face et recommande la Confédération. Le 26 mai 1873, il propose au Conseil législatif de la colonie d’adopter les conditions définitives de l’union de l’Île-du-Prince-Édouard. À peine un mois plus tard, le 1er juillet 1873, l’Île-du-Prince-Édouard se joint à la Confédération en tant que septième province du Canada.

Voir aussi L’Île-du-Prince-Édouard et la Confédération.

Vie ultérieure

Après l’entrée dans la Confédération de l’Île-du-Prince-Édouard, Andrew Archibald Macdonald devient ministre des Postes. Son beau-frère, Lemuel Owen, devient le premier premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard depuis la Confédération et confie à Andrew Archibald Macdonald la responsabilité de surveiller la liquidation des domaines à bail de la province.

En août 1884, Andrew Archibald Macdonald est nommé lieutenant-gouverneur de l’Île-du-Prince-Édouard. Il est nommé sénateur en 1891, un poste qu’il occupera jusqu’à sa mort en 1912.

Héritage

La notion qu’a Andrew Archibald Macdonald du Sénat comme une Chambre haute où toutes les provinces ont une représentation égale a contribué à la composition moderne du Sénat, qui accorde un nombre égal de sièges à quatre régions : l’Ontario, le Québec, les provinces de l’Ouest et les Maritimes. (Terre-Neuve-et-Labrador, les Territoires du Nord‑Ouest, le Yukon et le Nunavut ont neuf sièges en tout.) Andrew Archibald Macdonald survit à tous les autres Pères de la Confédération, à l’exception de sir Charles Tupper, et, pendant les dix dernières années de sa vie, écrit abondamment au sujet de ses expériences lors des conférences sur la Confédération.