Almighty Voice (ou Kitchi‑manito‑waya, ce qui veut dire « Voix du Grand Esprit », aussi connu sous le nom de Jean‑Baptiste), Cri, hors‑la‑loi (né vers 1875 dans les environs de Duck Lake, en Saskatchewan; décédé le 30 mai 1897 à Batoche, en Saskatchewan).

Jeunesse

Almighty Voice grandit dans la réserve One Arrow à proximité de Batoche, en Saskatchewan. Son grand‑père, le chef Kapeyakwaskonam, ce qui veut dire « Une flèche » ou « One Arrow » en anglais, fait partie des signataires du Traité no 6 à Fort Carlton en 1876. Quant à son père, Sinnookeesick, ce qui signifie littéralement « Les cieux retentissants », il prend part à la rébellion du Nord‑Ouest de 1885. Pour Almighty Voice et les autres Cris des Plaines, la vie dans les réserves est devenue difficile (voir Autochtones : les Plaines). En effet, depuis que leur territoire est tombé sous le contrôle des colonisateurs, ils ont de plus en plus de mal à vivre conformément à leur mode de vie ancestral, et, en particulier, à pratiquer la chasse traditionnelle (voir Chasse au bison).

Arrestation et évasion

Le 22 octobre 1895, Almighty Voice est arrêté pour avoir tué et dépecé un bouvillon appartenant au gouvernement et est transféré à la prison de Duck Lake. En prison, l’un des agents l’ayant arrêté lui aurait dit, en plaisantant, que la peine prévue pour quelqu’un ayant tué un bouvillon appartenant au gouvernement était la pendaison. Prenant la plaisanterie au sérieux, Almighty Voice s’échappe cette nuit‑là de prison et se réfugie dans sa réserve située à environ 32 kilomètres de là.

Meurtres et recherches

Le 28 octobre 1895, le sergent Colebrook de la Police à cheval du Nord‑Ouest (P.C.N.‑O.) retrouve la piste d’Almighty Voice aux environs de Kinistino, mais ce dernier réussit à abattre le policier qui tentait de l’arrêter. Le 20 avril 1896, une prime de 500 $ est offerte pour la capture du fuyard.

À ce moment‑là, la police et les agents des Indiens s’inquiètent de la possibilité que les « exploits » d’Almighty Voice puissent encourager d’autres Cris des Plaines à s’en prendre, en représailles, aux agents coloniaux, et que toute l’affaire dégénère en un soulèvement général. Dans ce contexte, la pression pour mettre la main sur Almighty Voice devient de plus en plus forte.

Le 27 mai 1897, Almighty Voice et deux de ses proches, son beau‑frère et un cousin, tirent sur un éclaireur métis à proximité de Duck Lake et le blessent. Le lendemain, l’inspecteur Allan de la P.C.N.‑O. accule le fugitif et ses acolytes dans un massif de peupliers dans les collines Minichinas, à seulement quelques kilomètres de leur réserve. Des tirs entre les deux parties s’en suivent, blessant gravement l’inspecteur et l’un de ses collègues. Ce soir‑là, le caporal C.H.S. Hockin, le gendarme J.R. Kerr et le maître de poste de Duck Lake, Ernest Grundy, trouvent la mort lors de l’attaque contre le refuge des fuyards.

Mort d’Almighty Voice

Le 30 mai, une force d’environ 100 personnes, composée d’agents de la P.C.N.‑O. et de civils, tente de capturer Almighty Voice et ses alliés. Elle bombarde lourdement le bosquet où ils s’étaient réfugiés, tuant Kitchi‑manito‑waya et ses deux compagnons.

La confrontation tragique d’Almighty Voice avec la P.C.N.‑O. met en exergue les tensions qui prévalaient dans les années 1890, sur les réserves, entre les peuples autochtones d’un côté et les agents fédéraux et la police de l’autre côté.